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Le temps était beau. Quelques nuages flottaient dans le ciel. L’air était doux. Le paysage était magnifique, l’eau du lac d’un bleu glacial, sa température aussi était glaciale. Quelques chevaux en liberté vagabondaient autour des randonneurs, leur extorquant gentiment quelques morceaux de pain ou de légume.
Ils avaient bien tenté de venir se ravitailler auprès d’Hélèna, Lisa et Éric, mais le grimpeur, enfant du pays, ne se laissait plus amadouer depuis longtemps. Il les avait éconduits fermement.
Hélèna avait du mal à se mettre dans le mood de travailler. Le lieu se prêtait plutôt à la détente, mais elle avait surtout du mal à se défaire de l’impression de lourdeur qui l’écrasait depuis l’incident de la veille avec Lisa et avait du mal à avaler la pique reçue ce matin.
« C’était une blague. La prochaine fois, trouves-en une qui a le sens l’humour ! »
La photographe n’arrivait pas à passer dessus. Elle avait surtout du mal à se dire qu’Éric, au lieu de la défendre, avait laissé son amie d’enfance parler d’elle ainsi. Elle était un peu déçue.
Malgré cela, l’appareil à la main, elle prenait des photos du « couple » en train de se détendre aussi à l’une des nombreuses tables de pique-nique, allongé par terre dans l’herbe, sur les rochers près de l’eau.
Lisa et Éric ne semblaient pas vraiment dérangés par la situation. Il fallait croire que ce n’était pas la première fois que cela arrivait. Si Lisa était aussi possessive qu’elle le montrait, elle avait déjà dû faire fuir nombre de conquêtes du sportif. Certes, celui-ci était un peu plus taciturne que d’habitude, mais il continuait de répondre à Lisa avec son ton habituel.
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Ils restèrent quelques heures sur place, faisant le tour du lac à un rythme de promenade, puis rentrèrent au chalet. Hélèna n’avait presque rien dit. Éric n’avait pas essayé de lancer la conversation. Et Lisa n’avait pas fait mine de leur laisser un peu d’air.
Cette situation allait rapidement être invivable. Déjà, tenir jusqu’à la fin de la semaine serait une gageure pour Hélèna. Elle en venait à se demander si elle n’allait pas rentrer chez elle et se faire porter pâle pour la suite.
En même temps, elle ne voulait pas se laisser marcher sur les pieds par cette folle. Mais l’attitude d’Éric lui posait question. Avait-il vraiment envie d’être avec elle ? N’était-ce qu’une histoire d’un soir, parce que l’occasion s’était présentée ? Elle n’arrivait pas à savoir ce qu’il en était. Le grimpeur était habituellement déjà peu éloquent, mais avec Lisa dans les pattes, il devenait impassible.
Une fois au chalet, Hélèna s’enferma dans sa chambre, prétextant de s’occuper des photos, pour les envoyer à son patron et au manager d’Éric. Elle eut l’impression de voir Lisa sourire quand elle l’annonça. Jusqu’à ce qu’Éric réponde qu’il allait faire une petite sieste dans sa chambre. Cheh.
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Hélèna ne ressortit qu’à l’heure du dîner. Elle appréhendait ce moment où ils allaient se retrouver en tête à tête tous les trois. Elle fut soulagée au moment de descendre les escaliers en entendant la voix chantante de Christie.
La dame était assise à l’îlot de la cuisine, un verre de vin devant elle. Elle discutait avec Éric. Lisa n’était pas en vue. Hélèna descendit et salua chaleureusement Christie. Même si elle avait plutôt donné l’impression de déranger, la dernière fois qu’elle était venue, Hélèna appréciait la dame. Elle avait une aura de gentillesse autour d’elle.
« Lisa n’est pas là ? se hasarda à demander Hélèna.
— Ne parle pas de cette peste, répondit Christie. Elle a fui quand elle m’a vue arriver.
— Fui ? s’étonna Hélèna, soudain prête à inviter Christie à rester habiter ici.
— Elle peut pas m’embobiner, moi, alors quand elle me voit, elle change de trottoir. Ça a toujours été une peste, mais comme elle a un joli minois, les gens lui laissent tout passer depuis son plus jeune âge. Moi, je ne me gêne pas pour la remettre à sa place. Et pour ça, elle ne m’aime pas. »
Christie venait d’être décrétée nouvelle héroïne dans le cœur d’Hélèna.
Celle-ci se tourna vers Éric, attendant une confirmation de sa part.
« Lisa a reçu un appel d’un client qui avait besoin d’un renseignement urgent pour un dossier, dit-il. Elle est retournée à son bureau et nous a dit de ne pas l’attendre pour manger. »
Christie leva son verre en signe de victoire.
« Tiens ! Sers donc un verre à la petite ! » ordonna-t-elle à Éric.
Hélèna ne se fit pas prier pour participer au toast.