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La soirée avait été chaude et agréable.

Hélèna avait retrouvé Jose devant l’hôtel de ville. Il lui avait proposé de prendre un verre, mais la jeune femme préféra aller se balader et montrer les monuments avant d’aller manger un morceau dans un petit restaurant sympa.

Ils avaient marché beaucoup et longtemps pour admirer tout ce qu’il y avait à voir ou presque. Ils avaient beaucoup parlé aussi. Jose était vraiment sympathique et agréable, mais le pauvre commençait à fatiguer quand Hélèna lui proposa enfin de se poser dans un restaurant avec une vue superbe sur la tour Eiffel. Le mannequin était habitué à rester longtemps debout et à beaucoup piétiner, mais pas à tant marcher. Il n’avait pas osé le dire jusqu’au moment de s’asseoir enfin, mais il avait les pieds en compote. Hélèna fut étonnée de se rendre compte qu’ils avaient tant marché. Les dernières semaines à tant randonner dans les montagnes lui avaient permis de gagner une endurance qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir atteindre.

Elle n’en était pas moins contente de se poser un peu. Plus de deux heures à arpenter les durs trottoirs de la ville étaient autrement plus difficiles que les balades dans la montagne. Surtout qu’elle n’avait pas les chaussures les plus adaptées.

Pendant le repas, ils continuèrent de discuter de tout et de rien, de leurs métiers respectifs, de ce qui les avait amenés à le faire, de leur famille de leur enfance. C’était à croire qu’ils finiraient par tout connaître l’un de l’autre avant la fin de la soirée. Hélèna se sentait bien avec ce bel étalon qui était si gentil. Elle n’arrivait pas à s’empêcher de temps à autre de le comparer à Éric dans un coin de ses pensées, mais arrivait toujours à la conclusion que Jose collait plus avec ce qu’elle attendait d’un homme : plus loquace, plus près de son âge, avec un métier beaucoup plus en phase avec le sien que sportif professionnel. Elle ressentait de temps à autre une légère culpabilité qu’elle repoussait en se disant qu’après tout, si Éric n’avait plus voulu lui donner de nouvelles, elle n’avait pas de raison de se préoccuper de lui non plus.

De toute façon, Jose repartait le lendemain et ils auraient peu de chances de se recroiser un jour. Au pire, elle aurait passé une journée sympathique, au mieux ça serait son plus beau coup d’un soir. Il fallait qu’elle arrête d’attendre quoi que ce soit d’une relation.

« Hélèna ? » l’appela le mannequin, pendant qu’ils se promenaient le long des quais.

Il s’était arrêté, la jeune femme avait continué quelques pas avant d’être tirée de ses pensées.

« Pardon, j’étais ailleurs, répondit-elle en revenant vers lui.

— Je suis désolé, je t’ai accaparée toute la soirée, tu avais peut-être des plans à l’origine. Tu dois être fatiguée après ta journée de travail, aussi.

— Non, ça n’a rien à voir… Je me demandais juste ce que tu penserais de moi si je te disais que j’aimerais bien t’embrasser. »

Le jeune homme eut l’air surpris, mais son sourire craquant valait toute validation.

« Je me dirais que ce qu’on raconte sur les femmes françaises, qu’elles sont entreprenantes, est vrai ! »

Il eut à peine le temps de finir sa phrase qu’Hélèna, sur la pointe des pieds, l’embrassait avec désir. Le mannequin lui rendit son baiser langoureux.

L’instant sembla durer longtemps. Jusqu’à ce que la photographe ne parvienne plus à tenir la position et repose ses talons au sol, laissant une main sur la joue de Jose. Elle resta plaquée un instant contre lui. Une ambulance toutes sirènes hurlantes passa près d’eux, leur donnant inconsciemment le signal pour reprendre le cours normal de leur soirée. Ils se remirent à marcher sur le quai, main dans la main, mais gardèrent un instant le silence.

Après s’être encore baladés ainsi collés pendant encore une vingtaine de minutes, le mannequin ne put réprimer un bâillement. La journée avait été longue et la soirée fatigante.

« Je n’ai pas très envie de te laisser, mais je crois que je vais devoir rentrer à mon hôtel », dit-il sur le ton de l’excuse.

L’appartement d’Hélèna n’était pas très loin, à quelques pâtés de maisons de là. La jeune femme aurait bien ramené le jeune homme chez elle pour profiter un peu plus de sa présence chaleureuse.

« Il est loin, ton hôtel ? » demanda-t-elle nonchalamment.

Il était en périphérie, à l’autre de la ville. Comme si Jose avait lu dans ses pensées, il demanda à la jeune femme :

« Je peux te raccompagner chez toi, si tu veux ?

— À quelle heure est ton avion, demain ?

— Je décolle vers 14 heures. »

Hélèna ne répondit rien et, l’attrapant par le bras, l’entraîna dans la direction de chez elle.

Elle n’eut pas le temps de lui faire visiter les lieux. À peine eurent-ils passé la porte qu’ils s’embrassèrent voracement en se déshabillant avec toute la maladresse de l’impatience.

La nuit fut torride. Jose fut à la hauteur des attentes de la jeune femme. Ils s’endormirent dans les bras l’un de l’autre.

— — —

Il était sept heures quand on sonna à l’interphone.

Hélèna sursauta dans les bras de l’Argentin. Il lui fallut quelques secondes pour remettre en ordre ses idées. Elle se glissa hors du lit, enfila une nuisette et se traîna jusqu’à la porte d’entrée. Elle sentait à présent qu’ils avaient beaucoup marché la veille, et pas que.

Leurs vêtements jonchaient le sol en un chemin jusqu’à la chambre.

L’interphone hurlait désagréablement.

« Allo ? hoqueta Hélèna la voix encore enrouée par le sommeil.

— Hélèna ? »

La jeune femme se figea en entendant cette voix.

« Hélèna ? Tu m’entends ? C’est Éric. »