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Elle hésitait à partir.
Elle voyait le monde devenir chaque jour un peu plus fou, elle n’arrivait pas à l’expliquer autour d’elle.
Elle voyait le monde se réchauffer, on lui répondait que ça avait toujours existé, que ce n’était pas la faute des humains et que, même si c’était le cas, pourquoi faire des efforts quand les autres n’en faisaient aucun ?
Elle voyait les milliardaires concentrer toujours plus de richesse et s’en servir pour faire glisser le monde dans le technototalitarisme, on lui répondait qu’elle voyait le mal partout, que c’était pire ailleurs.
Elle voyait les gens s’asservir à des machines, leur déléguer leur manière de réfléchir et de créer en dépit de leur santé, de leur avenir, de la planète, on lui répondait que c’était plus rapide, moins fatigant, moins cher.
Elle voyait l’avenir s’assombrir de jour en jour et le sens de sa vie disparaître avec. Elle se rêvait parfois au fin fond d’une campagne à vivre, seule, sans ne jamais plus voir personne, mais elle savait que c’était un rêve inatteignable.
Elle hésitait à partir, à tout lâcher, son sac, son téléphone, sa famille et ses amies, à marcher un temps indéfini dans une direction inconnue pour se retrouver loin de la folie de ses semblables.
Elle se demandait si c’était même possible de s’en éloigner autant qu’elle en sentait le besoin.
Elle s’imaginait des moyens d’y arriver.
Elle hésitait à partir.
Elle hésitait.
À partir.