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  • 121 – NaNoWriMo 2013 : Fin

    2013-Winner-Facebook-ProfileNous sommes le 28 novembre et j’ai officiellement terminé cette nouvelle cession du NaNoWriMo. avec 50136 mots. Évidemment, l’histoire n’est pas terminée. Il me reste un bon morceaux à écrire encore. Je n’en suis qu’à 60%-75% peut-être.

    Je suis assez content parce que malgré un bon nombre d’activités personnelles et un emploi du temps professionnel extrêmement chargé j’ai réussi à écrire presque tous les jours, même si le jour où j’ai écrit le moins, j’ai dû me battre pour aligner 125 mots. Il y a eu des jours à plus de 2500 mots. J’ai passé quelques jours avec une moyenne à 2000 mots/jour. Heureusement parce que la fin du mois, s’est mal goupillée pour l’écriture.

    Bref, je suis avec la fameuse gueule de bois de fin de NaNo, heureux d’avoir fait le compte, mais conscient qu’il y a encore beaucoup de travail pour finir le premier jet, pour l’éditer, éditer le précédent aussi et lisser le tout pour avoir une trilogie cohérente et qui se tient.

    Je vais peut-être reprendre l’écriture de nouvelles aussi, mais pas forcément quotidiennement, histoire d’avoir plus de temps pour le reste.

  • 120 – Le NaNo, la motivation, les Statistiques

    Comme je l’avais prédit, ce mois de novembre voit le ralentissement des mises à jour du blog Le NaNoWriMo (je ne vous ferai pas l’affront de vous expliquer encore ce que c’est) me prend pas mal de temps, que ce soit le matin avant de partir au boulot ou le soir quand les monstres sont endormi. Et comme, le boulot, lui, n’attend pas et qu’en plus certaines personnes m’obligent à avoir une vie sociale, le mois où justement, je devrais en avoir le moins, je n’ai plus beaucoup de temps pour écrire des choses pour le blog. [/mode excuses off]

    Un point sur le NaNo2013

    Par parler de choses un peu plus sérieuses, j’avance bien, hier soir, j’avais déjà écrit 22004 mots (oui le 4est important, c’est le NaNo, CHAQUE mot compte), soit 3337 mots d’avance par rapport au quota. C’est bien mais pas forcément génial non plus sachant tout ce qui m’attends à la fin du mois comme événements loin de chez moi avec des gens où il sera très mal poli de sortir mon ordinateur et très difficile de me concentrer pour écrire. Hé oui, je suis un homme, je dois baisser le son de la radio pour faire une marche arrière :p

    La motivation

    Dans tous les cas, l’ambiance du chan IRC aide grandement à la motivation, grâce notamment aux nombreuses word war. Cette année, j’ai aussi pu tester les Write-In (rassemblement de nanoteurs où on parle au moins autant qu’on écrit). C’est une expérience assez étrange et intéressante que de se retrouver entouré d’autres gens asociaux pour parler de choses sympa qui semblerait complétement absconses (mot compliqué compte triple) au commun des mortels. Et surtout, ça permet de faire des word war en vrai et d’entendre les claviers crépiter et les stylos gratter le papier, car il y a des personnes qui ont le courage d’écrire sur le papier puis de tout recopier sur l’ordi (quel courage ! O_O’ )

    Une nouvelle chose qui m’a bien motivé hier et qui m’a permis d’écrire les 2900 mots dans la journée, ce sont les statistiques.

    J’aime les chiffres

    Par ce que je suis un psycho du chiffre, de savoir où j’en suis, combien j’ai d’avance ou de retard, combien il me reste pour atteindre le prochain quota ou le total quotidien de 1667 mots. Bref, je me raccroche à n’importe quoi qui ressemble à un petit palier pour avancer.

    C’est bien simple, hier je suis parti pour faire mes 1667 mots classiques. Entré en word war (de dingue) de 1heure complète, finalement je m’arrête à 21360. Content de moi, je m’arrête, l’objectif est atteint. En plus j’ai fait le quota du lendemain, super. Sauf qu’en y repensant bien, le quota suivant n’est pas 21333 mais 21666. Je me dis « allez, tu peux bien arriver à le claquer ce quota-là, même pas 333 mots à faire. » Je me rassois devant mon clavier et voilà que c’est reparti. 21700 et quelques mots. Je regarde mes stats et je vois ma moyenne quotidienne à 1984 ou quelque chose d’approchant. Je vais pas laisser ça comme ça alors que moins de 300 mots en plus et j’ai une belle moyenne à 2000 par jour. Et paf, c’est reparti pour atteindre 22004 mots.

    Ça parait tout con, mais grâce aux stats, j’ai écrit près de 700 mots qui auraient attendu aujourd’hui pour être écrits.

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    Pendant le NaNo, toute motivation est bonne à prendre, même quand elle est bassement numérique.

  • 119 – Bilan Marathon : Statistiques part. II

    Pour continuer dans les chiffres, parce que c’est rigolo et que ça meuble un peu mon absence encore un peu de statistiques.

    statpersonnes
    Donc on peut voir sur ce premier camembert que l’utilisation de la 3ème personne (singulier ou pluriel suivant le nombre de personnage dans l’action). Il faut se souvenir que j’utilisais les phrases qu’on me donnait et, très souvent, elles m’imposaient la personne à utiliser.

    J’ai cependant pu m’essayer à des expériences (pas assez finalement) en écrivant 2 nouvelles à la 2ème personne (La Parole & Le Commissariat). J’ai bien aimé, à vrai dire.

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    statnarration
    Encore une fois on reste dans le classique, la majorité des nouvelles sont écrites au passé, une quart au présent et 1 au futur (et oui !) qui est aussi narré à la 2ème personne (tant qu’à faire des expérimentations…), il s’agit encore une fois de Le commissariat.

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    statsexes
    Par contre, et c’est une réelle surprise pour moi qui croyait que la répartition était au moins équitable voire penchait du côté des femmes, ce sont donc les caractères masculins qui tiennent le haut de l’affiche. Cela dit, je n’ai pas regardé les phrases en détail pour voir combien m’imposait déjà le sexe du caractère principal.

  • 118 – Bilan Marathon : Statistiques part. I

    Presque une semaine que le marathon de la nouvelle est fini, c’est l’heure du bilan :

    • Date de début : 18 juillet
    • Fin : 31 octobre
    • 2 pauses d’un week-end et 2 jours de pause forcés à cause du boulot.
    • Total de mots écrits (avec les titres) : 58440 mots environ.
    • La nouvelle la plus longue comporte 2681 mots : Le Bracelet
    • La plus courte 130 mots : la scène de ménage
    • Une moyenne de 632 mots par nouvelle.

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    Alors comme il y a une légende urbaine qui s’est créée au fur et à mesure du marathon de la nouvelle qui raconte que j’aime tuer mes personnages, je me suis amusé à faire un petit comptage des morts :

    Au final, sur 97 nouvelles il y aura eu :

    • 71,5 morts au total (dont 28 morts sur 2 nouvelles (18 et 10))
    • dont 34,5 personnages principaux (le 0,5 c’est parce que personne n’est d’accord sur ce qu’il advient du personnage principal)

    Ce qui fait donc à peine plus d’un tiers de mes personnages principaux qui se font tuer. Je ne trouve pas que ça fasse tant que ça :p

    voilà la répartition graphique par nouvelle (la n°97 est la nouvelle des 24h de la nouvelle : Wiener Dämpfe, parce qu’elle est rangée à part chez moi)

    Statistiques des morts dans les nouvelles du marathon

  • 117 – Fin du marathon

    Et voilà, le 1er novembre est arrivé. (qui a dit enfin ?)

    Le NaNoWriMo est commencé depuis 0h00. Je vais utiliser tout mon temps libre pour écrire le roman de cette année. Je n’aurai plus le temps pour les nouvelles quotidiennes, enfin, je pense pas.

    J’espère quand même trouver un peu de temps et de choses à dire pour continuer à faire vivre ce blog.

    En attendant, j’aimerais remercier tous ceux qui me lisent régulièrement et aussi toutes celles et tous ceux qui m’ont gentiment offert des phrases et sans qui ce marathon n’aurait vraiment pu se faire. (oui, je n’ai pas utilisé toutes les phrases, peut-être pour le prochain marathon)

    En attendant, faisons un petit jeu. Dites-moi dans les commentaires vos 5 nouvelles préférées sur les 95 97 (après recomptage officiel) écrites et publiées depuis mi juillet. Je suis curieux de voir lesquelles sont vos préférées.

    Pour mémoire, voilà les titres des nouvelles (avec des liens pour les relire vite fait 😉 ) :

    L’emménagementDu Pire comme du Meilleur
    RixeLa Ficelle
    Wiener DämpfeLe Drôle
    La ParoleLa Fissure
    La TraqueLe Clown
    La DécisionKykathamoro
    Le BraceletL’après
    L’atomeL’amitié
    Les étoilesLe Brocoli
    La Bonne MarraineDemain
    L’AscensionLe Message Instantané
    L’Amour VacheCarmen
    Le TempsLe Hamster
    SurvieContaminée
    La GravitéLa Goutte
    Le CanardLe Désert
    Le ChatLa Veuve
    RubyL’Horloge
    Le mort l’écuyerGrimaldo
    La CrevasseTrinlandia
    MéditationDix, Onze, Douze
    Le DouteLe Rendez-Vous
    Le TrouEllen & Gisèle
    Journée difficileLa Disparition
    Le PoignetPatte d’Ours
    Manque d’originalitéRéflexions félines
    Le SecretL’anecdote
    Le ClanL’Éden
    Acte RéflexeLa suivre
    La ChoseJusqu’à ce que la mort nous sépare
    Le RocherL’Introduction comptable
    La VacheLa Synthèse
    Scène de MénageMadame Wolkberg
    L’ExpéditionL’événement non heureux
    Le nouveau coéquipierAlexeï & Igor
    La ChenilleLes autres
    Le SoleilAlbertus
    Le PlongeonLe Cercueil
    La PivoineUne journée normale
    Le RenardLes Jet-scoots
    L’inspirationAu milieu de la Nuit
    L’échecEnceinte
    DésobéissanceLe Capharnaüm
    L’InventeurLes Rires
    La ChanceLe Commissariat
    L’AveuLes Enfants
    SimulationMynopée
    LanceferLes Avions
    L’engin 
  • 116 – Les avions

    Phrase donnée par Amelodine

    Il était une fois, un petit garçon qui avait peur des avions.

    Depuis qu’il était capable de lever les yeux au ciel, il se mettait à pleurer qu’il voyait ces objets inertes mais mouvants dans les airs. Car c’était bien les avions et pas n’importe quelle chose qui vole qui lui inspirait ce sentiment étrange d’appréhension. Les oiseaux le faisaient sourire.

    Dès qu’il eut l’âge de marcher — cette phobie ne le quittait pas—, il allait se cacher entre les jambes de son parent le plus proche.

    À l’âge de parler, ses parents lui demandèrent pourquoi il avait peur et il répondit qu’il n’aimait pas ces objets qui traversaient le ciel sans faire de mouvement et qui laissaient des traces blanches derrière eux. Ces parents ne comprirent pas vraiment ce qui lui faisait peur dans tout ça et pensèrent que ça lui passerait avec l’âge.

    Ils partirent une fois en vacances à l’autre bout du monde. Et pour ça, ils durent prendre l’avion, évidemment. Les parents du garçon qui avait alors sept ans s’inquiétèrent beaucoup de savoir comment leur fils allait réagir. Ils avaient raison. Si le check-in et le passage à la sécurité s’était bien passés, dès leur arrivée dans la zone de transit avec vue sur les appareils et leur ballet de décollage et atterrissage, le garçon se mit à hurler et agripper si fort la jambe de sa mère que tous les passagers se demandèrent ce qu’il se passait, tout en jetant des regards réprobateurs à ces deux parents qui ne savaient pas gérer leur progéniture.

    Finalement, une hôtesse vint et, offrant une sucette au garçon, parvint à le rassurer avec sa voix douce et son sourire enjôleur. Les parents espérèrent que tout irait aussi facilement dans la carlingue.

    Étonnamment, le voyage se passa sans encombre. Le garçon était resté tranquille et serein une fois à l’intérieur de l’avion. Ça n’était à y rien comprendre. Cet enfant avait peur de voir ces machines se déplacer dans le ciel mais il n’avait aucun problème à voyager dedans.

    Certains amis des parents avaient émis l’idée que leur enfant avait dû mourir d’un accident d’avion dans sa vie précédente. Il y en avait eu justement un quelques jours avant la naissance du bébé. Ces souvenirs inconscients le mettaient mal à l’aise. Seulement, les parents ne croyaient pas à ces balivernes.

    Les années passèrent. La peur des avions du garçon continua de s’exprimer malgré la force qu’il mettait à tenter de la contenir. Quand ils mangeaient sur la terrasse l’été et qu’une traînée blanche coupait le ciel, ses parents voyaient bien les yeux de leur fils faire des allers-retours frénétiques et inquiets, mais il ne disait plus rien et prenait sur lui.

    À dix-huit ans, le jeune homme partit pour de longues années pour ses études et n’eut que rarement l’occasion de rentrer voir ses parents. Quand ceux-ci lui avaient demandé ce qu’il étudiait, le jeune homme avait répondu assez évasivement.

    Il revint dans l’année de ses vingt-cinq ans affublé d’un uniforme reconnaissable entre mille, d’une veste avec galons sur les manches et d’une casquette d’aviateur. Ces parents crurent d’abord à une farce.

    Pour éviter d’avoir peur en voyant les avions voler au-dessus de lui, le jeune homme avait décidé de devenir pilote et dirigeait à présent ces engins qui l’avaient si longtemps effrayé.

  • 115 – Mynopée

    Phrase donnée par Dexash

    « De toute façon, c’est pas du tout sa couleur ! »

    À vrai dire, Ludo et Kori n’en savaient rien mais ils étaient là pour récupérer de l’objet magique, de l’artefact bien puissant, voire même, mais ça ils n’étaient pas sûrs d’en trouver, quelque épée ou arc légendaire.

    Ce donjon n’était pas de tout repos, les monstres étaient d’un niveau relativement fort par rapport à eux et après s’y être cassé les dents deux fois à l’entrée, les deux compères avaient décidé d’engager un guérisseur. Ils avaient une réputation assez misérable dans la région et eurent du mal à trouver. Finalement, ce fut une guérisseuse qui arrivait juste dans le coin qui répondit à l’offre. Elle avait l’air assez puissante mais avait demandé quarante pourcent des gains. Ludo et Kori avaient un peu tiqué mais s’étaient finalement résigné à accepter, ne trouvant personne d’autres et espérant beaucoup sur le résultat de ce donjon pour augmenter leur réputation et leur niveau.

    Il était vrai que jusque-là, Mynopée, c’était son nom, avait bien géré les choses et leur avait permis d’arriver au quatrième sous-sol. C’était un endroit un peu plus calme, comme si les monstres ne voulaient pas y aller.

    « Rester-là un instant, je reviens. Surtout, ne touchez à rien en attendant ! ordonna la demoiselle.

    Le guerrier et l’archer attendirent qu’elle disparaisse au détour d’un rocher pour faire exactement le contraire.

    — On va pas suivre les ordres d’une nana qui est notre employée ! lança Ludo.

    — Une guérisseuse en plus ! renchérit son ami.

    — Ouais ! Faudrait voir à arrêter de déconner cinq minutes ! »

    En étant parfaitement en accord l’un et l’autre, ils allèrent fouiner du côté opposé et trouvèrent rapidement un gros coffre en pierre sculptée, très joli, un peu usé par le temps.

    Sans se poser plus de questions, Ludo et Kori poussèrent la pierre qui recouvrait le coffre et découvrirent un cadavre entouré de nombreuses reliques. Quelques bagues, une épée de belle facture en très très bon état, un casque bien abîmé, une dague, un sac en toile élimée contenant un bon paquet de pièces.

    Les deux compagnons vidaient le cercueil pour en faire l’inventaire. L’épée semblait faite pour Ludo. Il avait senti sa puissance au moment où il l’avait prise en main. Kori avait pris la dague, elle pouvait toujours lui servir s’il tombait à court de flèches. Quand aux bagues, ils n’étaient pas spécialiste des identifications d’objets magiques et devraient les ramener à la surface pour savoir quoi en faire. Comme ils ne voulaient pas vraiment partager quarante pourcent du butin avec Mynopée, ils prirent le partie d’en garder une chacun puis de faire le partage avec le reste. Ils faisaient ce tri quand ils trouvèrent au fond du cercueil, un pendentif magnifique en or avec une opaline qui semblait briller dans la pénombre.

    « De toute façon, c’est pas du tout sa couleur ! » lança Kori, en plongeant le pendentif dans sa besace. Ludo acquiesça.

    Il eut soudain un grognement venant du fond de la tombe. Une main osseuse se posa sur le bord et le squelette du macchabé se redressa, poussant un râle vraiment lugubre. Mynopée revint à ce moment.

    « Mais qu’est-ce que vous avez fait ? Je vous avais dit de ne toucher à rien !!

    Ludo et Kori étaient quelque peu paralysés à la vue de cet adversaire qui sortait lentement mais sûrement de son tombeau.

    — Vous avez ouvert la tombe sans m’attendre ? Mais vous êtes débiles ! Il y avait des tonnes de pièges magiques dessus ! Vous avez tout déclenché !

    — Oui… Ben, fallait mettre moins de temps pour aller pisser, toi aussi ! répondit assez sèchement Ludo. Maintenant, fais ton boulot et envoie le sort qui va bien pour faire sauter les maléfices !

    Kori essaya de s’éloigner du monstre. À la distance à laquelle il se trouvait, son arc était inefficace. Il marchait lentement, comme au ralenti. Impossible pour lui de bouger plus vite. Mynopée avait raison. Ils avaient été ensorcelés.

    Ludo tenta de lever sa nouvelle épée mais cela lui fut impossible. Elle semblait peser des tonnes à présent.

    — Allez ! Fais quelque chose Mynopée ! On va se faire démonter, là ! Dépêche-toi ! avait-il crié.

    La jeune femme, excédée au plus haut point par l’attitude de ces deux idiots qui n’avaient pas arrêté de faire les lourds et les choses en dépit du bon sens, leva les yeux au ciel et soupira fortement. Elle n’avait jamais fait ça, mais ces deux-là le méritaient vraiment.

    — Vous n’écoutez rien et il faut que je sauve votre peau ? Démerdez-vous tout seul, puisque vous êtes si intelligents ! »

    Mynopée incanta un sort de protection qui l’enveloppa d’une légère aura bleue avant de reprendre les escaliers pour la surface.

    Ludo et Kori la regardèrent partir avec effroi.

  • 114 – Les enfants

    Phrase donnée par Laure-Isabelle Lila

    « Je préfère mes enfants.

    — Même si j’ajoute ce magnifique petit singe des montagnes affectueux, docile, tatoué et vacciné ?

    — Non merci, Monsieur. Je n’échangerai pas mes enfants contre ceux-là. Même s’ils ont l’air très bien élevés et très gentils, même si les miens m’énervent parfois, souvent, je préfère garder ce que je connais, plutôt que repartir à zéro avec une nouvelle progéniture.

    — Je comprends cet attachement que vous pouvez avoir, c’est bien normal. Après tout ce temps que vous y avez investi, perdu même, parfois, ces nuits blanches, ces réveils difficiles, ces énervements, vous vous dites que si vous changez d’enfants maintenant, tout ceci aura été inutile. Je vous répondrai que non, Madame. Car, c’est pareil avec chaque enfant, les vôtres ou ceux-ci, l’investissement en temps et énergie aurait été le même, mais, et c’est là le bon point, en les échangeant aujourd’hui, vous repartez avec deux nouveaux enfants que vous découvrirai et qui ne vous énerveront pas à la première bêtise, puisque les études montrent que l’ont est plus patient dans les deux premières années avec l’enfant. Sans compter évidemment que les modèles, présentés ici, sont un peu plus jeune que les autres, ce qui vous permet de revivre la période où ils sont encore mignons mais déjà autonomes. Vous ne repartez pas de zéro puisque vous n’aurai pas, par exemple, de problème de couches. Ils sont déjà propres et pas de problèmes pour les nuits, ils les font déjà depuis longtemps.

    La mère de famille se mordit la lèvre inférieure en plissant les yeux. Les arguments du vendeur étaient bons. Elle réfléchit à toutes les possibilités. Au départ, elle était surtout venue dans ce magasin d’échange pour faire peur à Billy et Bryan, après une semaine où ils avaient été particulièrement turbulents et désobéissants. À présent, elle se demandait si elle ne devrait pas les laisser ici et accepter l’échange avec les deux enfants que le vendeur lui proposait.

    — Combien de langues parlent-ils ? demanda-t-elle.

    — Pour l’instant, deux. Leur langue maternelle et la nôtre. Mais, ajouta le vendeur avant que la cliente potentielle n’ait le temps d’ajouter quoi que ce soit, ils sont génétiquement prêts à en apprendre six. Les deux sont assez similaires au niveau des prédispositions. On se dirigerait plutôt dans le médical, neurologie ou cardiologie.

    Les yeux de la mère s’allumèrent. Il avait touché une corde sensible on dirait. Ses enfants en étaient à l’âge où tout est compliqué à l’école. Les deux modèles que le vendeur présentait auraient les mêmes problèmes au même âge, sans compter que malgré les prédispositions, l’éducation et l’attention apportés aux enfants jouaient énormément sur le déroulement des études supérieures. La génétique ne pouvait rien contre ça. Mais ça, il se garderait bien de le dire, comme à chaque vente. C’était écrit en tout petit dans les dernières pages du manuel, c’était de la responsabilité des acheteurs de le lire.

    Il fallait qu’il continue dans cette lancé avec cette dame et l’affaire serait pliée dans les dix minutes.

    — Et au niveau sportif ?

    — Question importante, en effet, Madame. Celui-ci, dit le vendeur en posant une main sur la tête du plus grand des deux, sera plutôt dans les sports individuels du genre tennis. L’autre, plutôt sports collectifs.

    La bouche de la dame bougea dans un réflexe de désappointement. Le vendeur se reprit rapidement.

    — Ce ne sont que des prédispositions, rien n’est vraiment arrêté et vous pouvez très bien les mettre tous les deux dans la même académie sportive sans problème !

    À cet instant, deux gamins assez mal fagotés arrivèrent en courant et en hurlant pour s’arrêter devant la dame et débiter nombre de phrases incompréhensibles mais l’instinct de la mère, ou plutôt l’habitude à gérer ces deux-là, la faisait comprendre. Elle les regarda un instant et, le vendeur savait que c’en était fini, les attrapa par le cou tous les deux pour les attirer vers elle. Ils tentèrent gentiment de se défaire de l’étreinte maternelle.

    — Je vais garder les miens, finit-elle par dire. Malgré tout, je les aime. »

  • 113 – Le commissariat

    phrase donnée par Amelodine

    « Excusez-moi, où se trouve le commissariat ? »

    Ce n’est pas compliqué comme question mais, quand tu la poseras, on te regardera avec un œil un peu étrange. Veux-tu y aller parce que tu as perdu tes papiers ou pour déposer plainte pour agression ou pour vol ? Si le passant questionné est un peu observateur, il remarquera que tu as toujours ton sac à main et en déduira, sans plus de réflexions que ce n’est pas pour vol. Il regardera avec un peu plus d’attention ton visage et les parties dénudées de ta peau pour y déceler des traces de blessures qu’il ne verra pas.

    Ça ne durera qu’une seconde, tout au plus.

    La perspicacité du passant n’arrivera pas à trouver la réponse à sa question : pourquoi une jolie petite jeune femme qui a l’air d’aller parfaitement bien veut aller au commissariat ? laissant sa curiosité inassouvie.

    Il se rendra compte qu’il devient malpoli à te scruter comme s’il était à la recherche d’indices sur un macchabé. Les deux secondes qu’il aura perdues avant de te répondre t’auront paru un peu longues. Tu commenceras à te dire que tu es, comme d’habitude, tombé sur le mauvais cheval, celui qui peut parler de tout mais ne sait rien. Il ne manquerait plus qu’il te pose des questions, dans le genre de pourquoi tu veux y aller, surtout en prenant des airs paternalistes si détestables.

    « Excusez-moi, dira-t-il finalement. Il se trouve juste derrière vous. »

    Tu te sentiras un peu idiote quand tu te retourneras pour voir cette grosse bâtisse qu’on ne peut pas rater, pourtant. Tu le bredouilleras quelques remerciements. Il te sourira en hochant légèrement la tête pour te souhaiter une bonne journée et grimpera, avec son énigme toujours irrésolue, les marches du commissariat, travaillant lui-même là.

    Tu sens que ça va se passer de cette façon, comme à peu près chaque fois. C’est pour ça que tu persévères à chercher et que tu ne veux pas demander ton chemin. Mais il faudrait que tu te dépêches. Ça sera mal vu d’arriver le premier jour en retard dans un nouveau poste, même et surtout en étant la nouvelle commissaire.

  • 112 – Les rires

    Phrase donnée par JohnButcher

    J’entends des rires.

    On m’avait prévenu. Je savais ce qui m’attendait. Je savais qu’en allant chercher l’Épée, au milieu de la Forêt des Maléfices, je risquais de vivre des choses étranges et dangereuses. Le vieux mage m’avait prévenu.

    Et même si je suis l’Élu, le héros qui sauvera le pays de l’invasion de monstres du Seigneur des Ténèbres, même si je suis protégé par un sortilège puissant depuis ma naissance, même en ayant la Bague Bleu et le Bouclier de Fer, je suis dans cette maudite Forêt et j’entends des rires. Je suis prêt à tout pour sauver le monde. J’ai déjà combattu des slimes, des pieuvres cracheuses de pierres et cochons humanoïdes mais ici, ces arbres sont maléfiques. Réellement. Je sens qu’il se dégage d’eux quelque chose d’étrange.

    La vielle voyante me l’avait dit. Elle m’a même donné un pendentif pour me protéger, il fonctionne bien, je le sens chauffer depuis que je suis à l’ombre du feuillage de ces monstres végétaux mais il n’est pas assez puissant. Je les entends murmurer à mes oreilles, je les entends rire.

    Je dois me faire un chemin à travers ces taillis qui semblent bouger après mon passage pour m’empêcher de rebrousser chemin. Je dois récupérer l’Épée. Une fois en ma possession la forêt ne pourra plus m’atteindre et me laissera ressortir. D’après les légendes. En attendant, je dois trouver mon chemin pour aller jusqu’à elle.

    Je suis dans cet enchevêtrement de troncs et de feuillages depuis des heures, j’ai l’impression de tourner en rond. Je ne compte plus le nombre de bêtes sauvages et étranges contre lesquelles j’ai dû me défendre depuis que je suis ici. Heureusement qu’elles me permettent de récupérer quelques pièces d’or qui me permettront d’acheter des équipements un peu plus sophistiqués. Si je sors d’ici vivant. Ces rires vont me rendre fou. Si je sors d’ici.

    Enfin, je la vois. L’Épée est là, sur une grande pièce de granit sculpté. Elle est enfichée à l’intérieur, bien droite, attendant que l’Élu vienne la récupérer. Un rai de lumière qui tombe du ciel dans la trouée de branchage et la fait étinceler. Au pied, je vois les restes d’aventuriers qui n’étaient pas les élus. Les lames sont émoussées et à moitié recouvertes par de la mousse. Les crânes et ossements sont propres, comme s’ils avaient été reléchés après le repas.

    J’entends encore une fois ces rires. Ils sont plus proches.

    Et soudain, il tombe. Ce monstre légendaire dont tout le monde parle mais que personne n’a vu sans mourir. Il est immense, cinq fois ma taille, orange, visqueux. C’est une sorte d’œil géant avec une queue de lézard mais seulement deux pattes. Il n’a pas de bouche. Enfin, c’est ce que je crois jusqu’à ce qu’il lance sa queue sur moi et que je découvre à son bout un orifice qui s’ouvre et se referme avec de grandes dents qui claquent.

    Je rengaine mon épée et passe mon bouclier dans mon dos tout en attrapant mon arc. C’est le genre de bestiole dont il vaut mieux rester à distance. À chaque pas qu’elle fait, le sol tremble et me force à rester immobile pour garder l’équilibre. Il faut que je saute à chacun de ses pas si je ne veux pas me faire avaler en une bouchée.

    Je vise son œil et décoche une flèche. Ce monstre a de sacré réflexe, il arrive à fermer sa gigantesque et unique paupière à temps pour se protéger. La flèche rebondit mollement avant de tomber au sol. Je tente encore une ou deux fois mais le résultat est le même. Comment arriver à détruire ce monstre ? Soudain une idée me vient. Je range mon arc et sort de mon sac mes bombes. J’en prépare une et attends qu’il essaie de me croquer encore une fois. Il lance sa queue, je lance ma bombe allumée et esquive en roulé-boulé. Rapidement, j’entends le bruit sourd de l’explosion dans les entrailles de la bête, je dégaine mon arc et tire dans l’œil du monstre sonné. Bingo. La paupière ne s’est pas baissée. La flèche se plante dans le globe oculaire, énervant la bête qui se met à trépigner. Je me jette derrière un gros arbre et attends qu’elle se calme. Je vais l’avoir à l’usure.

    Trois bombes et trois flèches plus tard, le coriace spécimen s’écroule enfin. Il devient de plus en plus transparent et laisse enfin apparaître cette relique en forme de cœur qui me permet de mieux résister aux coups. Je la ramasse et monte sur l’estrade en granit.

    Lentement, je marche vers l’Épée. J’entre dans la lumière. Je m’inquiète, parcouru d’un doute. Et si je n’étais pas vraiment l’Élu ? Si je n’étais pas capable de la retirer de son emplacement ? Mourrais-je ici dans la Forêt Maléfique ?

    Je pose la main sur le pommeau, tremblant. Je souffle. Je ferme les yeux et tire de toutes mes forces pour desceller l’arme. Elle suit le mouvement de mon bras si facilement que je manque de tomber à la renverse. Elle est dans ma main, déjà au-dessus de ma tête. J’ouvre les yeux et scrute la Forêt, pour voir si elle réagit. Je ne sais pas si la lumière tombant sur la lame rutilante de l’Épée éclaire le sous-bois ou si la Forêt a compris le message mais en tout cas, les rires se sont arrêtés.