476 — Matt et l’alligator

916 mots

Il se réveilla avec un gros mal de crâne et aucun souvenir de la soirée, menotté à un radiateur d’un lieu inconnu, face à un alligator.

Matt se crispa contre le radiateur pour s’éloigner de cette bestiole. Peut-être était-ce un crocodile ? Il n’avait jamais compris la différence, comme pour les pingouins et les manchots. L’animal avec l’œil brillant et cligna des yeux en le voyant bouger. Il claque sa grosse mâchoire pleine de dents, montrant sa volonté de se le faire pour le brunch. Heureusement, lui aussi était enchaîné.

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475 — Service Client As A Service

192 mots

– Si vous avez des questions, veuillez ouvrir un ticket auprès du service support.

– Justement, je ne sais pas comment faire. C’est pour cela que je vous appelle.

– Pour toute demande d’aide, la procédure est d’ouvrir un ticket.

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474 — La randonnée (partie 17)

603 mots

Le week-end arrivait. Hélèna l’avait attendu avec impatience, mais était à présent un peu moins pressée de rentrer chez elle.

Elle avait finalement survécu à cette semaine. La météo était plus agréable que les premiers jours, et les sorties furent plus simples, moins douloureuses.

La photographe ne prenait toujours pas de plaisir à se balader avec un sac sur le dos, pendant de longues heures, à glisser sur des petits cailloux ou longer des ravins, mais elle avait l’impression de mieux suivre Éric et de moins fatiguer.

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473 — La colère

317 mots

Ça ne sert à rien de se mettre en colère.

Ça ne sert à rien, mais comment résister ? Quand la personne en qui vous avez le plus confiance, celle par qui vous voyez le monde, celle qui partage votre vie depuis si longtemps, que vous connaissez si bien et qui vous connaît tout autant, quand cette personne vous transperce le cœur avec des mots plus tranchants qu’une lame aiguisée ?

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471 — L’art de la découpe

397 mots

J’aime mon travail. Le salaire n’est qu’un bonus supplémentaire.

Bien entendu, il en faut pour vivre, mais ça va, merci, j’en ai déjà suffisamment pour ne pas m’inquiéter. Et pas assez de temps pour le dépenser. C’est le problème dans mon métier. Beaucoup de déplacement, aux quatre coins du monde, tous frais payés. Je n’ai vraiment pas à me plaindre de ce côté.

Il y en a qui aiment coudre, prêcher leur religion, faire du surf, casser des murs ou conduire des camions pendant des heures. Moi, j’aime manier mes couteaux. J’en ai fait mon art, mon métier, mon chemin de vie.

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470 — Le plaisir des pourboires

1088 mots

Quand j’ai commencé à conduire un taxi, je n’ai pas reçu de très bons pourboires.

Je n’avais pas vraiment tout compris au boulot, à vrai dire. Évidemment, j’avais réussi l’examen, je connaissais sur le bout des doigts le nom de toutes les rues de la région, et le moyen d’y aller de n’importe où, le plus rapidement possible.

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468 — Héritage

854 mots

La pluie tombait par un trou béant dans le toit.

Le parquet du vestibule était détrempé, abîmé, peut-être même vermoulu à certains endroits. Depuis le temps qu’il n’y avait plus eu de propriétaires habitant les lieux, les moyens alloués à l’entretien de la bâtisse s’étaient amenuisés et réduits à leur portion congrue. Seules les urgences étaient traitées. Quand c’était possible. L’électricité était coupée depuis des années.

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467 — La randonnée (partie 16)

1086 mots

L’accueil au Refuge, le nom du restaurant, fut très chaleureux. En cette saison, il n’y avait pas grand monde niveau clientèle, donc pas grand monde non plus côté service. Le père de Damien était en cuisine, sa mère s’occupait de la salle. Elle avait pris Éric dans ses bras affectueusement, avant de saluer Hélèna.

Le dîner fut fort arrosé, les plats copieux, les anecdotes sur la jeunesse de Damien et Éric, nombreuses.

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