Étiquette : écriture

  • 361 — Marche ou crève

    C’est un peu violent comme titre non, genre presque un peu putaclic ? Oui, quand même un peu.
    Est-ce que j’ai honte ? Pas vraiment 😀

    Pour ce billet, je voulais parler d’écriture, de santé et de concentration.

    Depuis un an environ, je marche régulièrement parce que c’est bon pour la santé, surtout quand on a un boulot ultra-sédentaire, comme le mien. Et comme je me connais et que je sais ma motivation vacillante, notamment les jours de météo pourrie, j’ai investi dans un tapis de marche. C’est pas mal pour s’activer à l’abri et au chaud, même si ça fait un peu hamster dans sa roue.
    Depuis que je marche presque quotidiennement, je me sens mieux, physiquement, moins essoufflé et moins fragile au niveau du dos.

    En novembre, avec le NaNo qui prend pas mal de place sur l’emploi de temps, il m’a fallu faire un choix : j’ai fait celui de laisser tomber la marche pendant 30 jours pour pouvoir écrire avec ce temps gagné : cela a été une bonne solution puisque j’ai fini le NaNo avec un score honnête.

    Après le NaNo, garder le rythme de l’écriture a été difficile. C’est même plutôt un échec, car je n’ai finalement pas écrit la moitié des jours du mois (avec même de longues périodes sans rien), et moins de 13.000 mots au compteur en plus. Dans le même temps, la reprise de la marche a été difficile aussi, parce que l’inertie…

    Mais le corps ne s’embête pas d’excuses : fin décembre, je me suis tapé un méchant lumbago. L’origine n’était pas à chercher loin : le manque d’exercice.

    Vous vous demandez où je veux en venir

    Début de l’année, c’est le moment des bonnes résolutions. Les miennes : marcher et écrire tous les jours (pour au moins finir ce fichu tome III et raconter un peu ma vie sur ce blog).

    Et comme les journées ne sont toujours pas extensibles, j’ai décidé d’allier les deux objectifs.

    Pour ce faire, j’ai fabriqué un petit stand pour mon tapis de marche sur lequel poser un clavier et j’ai installé mon vieil ordi portable de manière à l’avoir à hauteur de mes yeux.

    À présent, je peux marcher et écrire en même temps. Ce n’est pas forcément simple à gérer au début, mais ça s‘appréhende bien finalement. Fun fact : quand j’écris, mes mains ne bougent pas beaucoup donc ma montre « intelligente » n’arrive plus à compter mes pas xD

    Et la concentration dans tout ça ?

    Pendant le NaNo, avec l’objectif en des 50k, DrJohn sur le chan IRC, avec l’aide du fidèle NaNoBot, les wordwars aidaient à rester concentré sur l’écriture, à la manière d’une technique pomodoro de 15 minutes.

    Après le NaNo, sans tout ceci, difficile de garder le focus, de ne pas s’éparpiller dans les méandres d’internet pour vérifier si la ligne 46 du tramway hippomobile de Paris en 1891 desservait bien la rive gauche après 21 h 30 (j’exagère à peine).

    Le fait de marcher en écrivant (ou l’inverse ?) aide à la concentration.
    Ça peut paraître paradoxal, mais comme une partie du cerveau reste occupée à garder le bon rythme pour rester sur le tapis, tenir une bonne respiration, garder la bonne distance de l’écran et la bonne position des mains sur le clavier, il ne lui reste plus grand-chose de « temps processeur » pour réfléchir à ce que je dois écrire (en tout pas cas en profondeur), ce qui fait que je passe un peu en mode écriture automatique. Les mots s’alignent alors assez facilement.

    Malgré tout cela, quand j’écris en marchant (ou l’inverse ?), il m’arrive parfois de bloquer sur un mot, une phrase, une idée, oh ! un papillon et de passer de trop longues minutes à réfléchir au lieu d’écrire.

    C’est là que l’outil ultime pour les gens comme moi existe : Write or Die (littéralement Écris ou crève). Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas cet outil, certes en ligne, celui-ci ne laisse pas le temps de papillonner. Obligé d’écrire sans faire plus de 5 secondes de pause au risque d’avoir le fond qui devient rouge comme les flammes de l’enfer et un son strident qui vrille les oreilles.
    Sans vraiment m’inquiéter du côté sanctions auditives, rien que le fait de voir le fond de la zone de texte changer de couleur me permet de me reconcentrer vite fait si j’étais en train de partir loin.

    Voilà mon secret en cette nouvelle année pour écrire et garder la forme.
    Évidemment, le texte qui sortira de là nécessitera encore beaucoup de travail de correction et d’édition (ç’aurait été la même chose dans tous les cas, à vrai dire), mais la méthode est efficace pour avancer sur mon texte tout en marchant sur place !

  • 358 — De la difficulté d’écrire un tome III

    358 — De la difficulté d’écrire un tome III

    Le premier jet de L’Horloge de la XIIIᵉ Heure a été écrit pour mon premier NaNoWriMo, en 2011. Le roman est sorti en 2014. La première version de La Neste Funeste a été écrite en 2012, et est sortie en 2019.

    J’ai entamé le troisième tome pour le NaNo 2013.

    Image présentant les couvertures des roman L’Horloge de la XIIIe Heure, de la Neste Funeste et une troisième dont le fond est flouté et d’un ton vert, avec un point d’interrogation dessus

    10 ans plus tard et, au moins, 8 versions différentes, ce tome III des aventures de l’Horloge de la XIIIᵉ Heure est toujours en cours. Non, je n’ai pas abandonné ; oui, je suis bien décidé à en venir à bout. Mais, si la finalisation du tome II avait apporté quelques difficultés, ce n’était rien en comparaison de ce qui m’attendait pour ce tome III, car l’exercice complexe apporte son lot d’écueils et de complications.

    Qu’il s’agisse de gérer les enjeux d’une histoire en plus de ceux d’une trilogie complète, de parvenir à introduire du nouveau sans casser le monde déjà établi, ou trouver l’équilibre parfait entre satisfaire le public tout en lui servant quelque chose d’inattendu, le parcours d’écriture d’un tome III est semé d’embuches.

    Les enjeux d’un tome III

    La problématique principale d’un troisième tome est double : il faut écrire une histoire à part entière et, dans le même temps, écrire un troisième acte d’une histoire plus grande (méta-histoire).

    Rappel sur la structure en 3 actes : https://fr.wikipedia.org/wiki/Structure_en_trois_actes.

    Il faut donc réussir à rappeler tous les événements passés dans les deux tomes précédents, sans que cela ne fasse trop redite ni ne soit ennuyeux, réussir à mettre en place de nouvelles intrigues, éviter le syndrome du copier-coller du 1ᵉʳ volet : une structure narrative qui se calquerait complétement sur le premier épisode, comme pour essayer de mieux le refermer.

    Évidemment, il est important de faire apparaître des éléments communs permettant aux lecteurs de se raccrocher à quelque chose de connu (mini effet madeleine de Proust/« tiens, je comprends cette référence »). Attention toutefois à ne pas tomber non plus dans le fan service aux dépens de l’histoire. (I’m looking at you, Star Wars VII)

    Une photo de Captain American disant « I understood that reference » (j’ai compris cette référence)

    Ce dernier volet de trilogie étant la fin d’une méta-histoire, il faut aussi bien veiller à refermer tous les arcs narratifs laissés ouverts dans les précédents opus, ne laisser rien en suspens (sauf à préparer une suite, bien sûr).

    Introduire du nouveau, conserver la cohérence

    Une autre difficulté avec l’ajout de suites en général, c’est aussi de réussir à introduire de nouvelles informations sans se contredire. Un des exemples les plus flagrant reste à mon sens dans Star Wars [attention, spoiler ahead : si vous n’avez jamais vu la trilogie originale et que vous vivez dans une grotte depuis 45 ans, sautez ce paragraphe] : Dans Un nouvel espoir, Obi-wan annonce à Luke que son père a été tué par Vador, et on apprend dans l’Empire contre-attaque que Vador est Anakin. Obi-wan est obligé de faire une pirouette pour dire que ce qu’il avait dit était une image… bref comment réussir à faire en sorte de remettre sur les rails une information qui contredisait la précédente.

    Au contraire, je trouve que la saga John Wick (au moins jusqu’au 3ᵉ volet ; je n’ai pas vu le 4), réussit bien cette mission d’élargir le lore en gardant une certaine cohérence.

    Un même montrant Darth Vador disant « Finis ce tome III », en haut,
Luke Skywalker en bas répondant « Noooooooooon !!! »

    Ce que le public veut vs Ce dont le public a besoin

    Ces derniers temps, on voit souvent (trop ?) sur Internet, les « fans » se plaindre des scénarios de tel film ou de telle série. J’ai déjà donné un exemple qui parlait de Star Wars plus haut, donc je vais plutôt prendre Game of Throne, cette fois-ci. La fin de Game of Throne donc, a été fortement critiquée (pour être gentil).

    L’attente avait créé une tension chez les fans et les autres. Tout le monde l’attendait. Et avec elle, chacun attendait la résolution de la manière dont il ou elle rêvait.

    Sans spoiler, cette fois, on peut dire que la fin a été des plus inattendues. Le sentiment de décalage entre ce que les gens espéraient et ce qu’ils ont eu en a frustré plus d’un·e.

    Personnellement, j’ai moi aussi été déçu dérangé parce que ça ne se finissait pas comme je le voulais, pourtant je n’ai pas eu l’impression d’être floué par les scénaristes. La fin est, à mon sens, cohérente et intelligente. Elle n’est pas celle que je voulais, mais celle qu’il fallait.

    La reine Elisabeth II sur le trône de fer de la série Game of Throne

    Plusieurs versions : le multivers des drafts

    Le problème d’écrire plusieurs versions d’une même histoire, c’est qu’à chaque fois, de nouveaux personnages font irruptions et creusent leur trou entre les lignes sans que l’auteur ne leur ait rien demandé (oui, je parle de moi à la troisième personne 🤷‍♂️). Chaque nouvelle version apporte son lot de nouveaux événements intéressants à raconter, mais au fur et à mesure, le puzzle s’agrandit et les pièces sont de plus en plus tordues, s’imbriquant de moins en moins entre elles.

    Tellement de choses s’accumulent que, parfois, j’ai l’impression d’écrire pour une saison complète d’une série plutôt que pour un roman.

    Certaines scènes que j’ai réécrites de tête à plusieurs mois, voire années, d’intervalles donnent l’impression d’être racontées par différents témoins qui se regardaient l’action de points de vue différents et ne se souviennent pas des mêmes détails.
    Ou l’impression d’avoir des versions de la même histoire issues d’univers parallèles.

    Tout cela apportera beaucoup de travail pour le travail de réécriture quand j’aurai fini le premier draft.

    Une image tirée de la série Loki, montrant un écran affichant différentes timelines.
Le texte par-dessus dit : « Chaque nouveau draft crée une nouvelle branche »

    Conclusion

    Écrire un tome III est donc compliqué pour plusieurs raisons, que ce soit la difficulté de raconter une vraie histoire en en finissant une plus grande, ou la diffculté d’introduire du nouveau sans se trahir ni trahir le public (même si vous n’êtes que 4 😆).

    Écrire plusieurs versions d’un tome III et donc se retrouver avec plusieurs timelines parallèles augmente aussi le niveau du challenge. (Parce qu’il y en avait vraiment besoin 🤦‍♂️)

    Le problème, je le sais et ça m’embête beaucoup, c’est qu’à un moment, il faudra faire des choix de ce que je vais garder ou non. Il faudra découper des morceaux, les réarranger. Ce sera une véritable boucherie. Et comme à la boucherie, il faudra éviter le syndrome du « il y en a un peu plus, je vous le mets quand même ? », quitte à se retrouver avec du matériel narratif qui restera de côté.

    Pour un tome IV ? (on va déjà essayer de finir celui-ci, non ?)

  • 357 — NaNoWriMo 2023, le bilan

    Le badge de gagnant de l’édition 2023 du NaNoWriMo

    NaNoQuoi ?

    J’imagine que tout le monde connaît le NaNoWriMo (plus souvent appelé simplement « NaNo »), mais pour celles et ceux qui auraient réussi à passer à côté de ce challenge d’écriture, je résumerai en disant que c’est un marathon d’écriture de 30 jours, qui a lieu tous les ans, au mois de novembre. Son but est d’écrire un roman (ou au moins un bout) de 50.000 mots.

    C’est un challenge sur plusieurs points, car :

    1. il faut avoir quelque chose à raconter,
    2. il faut réussir à tenir le rythme moyen de 1667 mots par jour (ce qui, souvent, signifie faire sauter un bout de sa vie sociale pour ça)
    3. comme tout projet qui demande de la régularité dans le temps, on vit forcément des moments de doute, voire de désespoir.

    Le bon côté de ce challenge est que, même si l’écriture est une activité que l’on fait seule avec soi-même, il y a toujours d’autres comparses nanoteurs ou nanoteuses pour nous accompagner dans nos moments de souffrance, de doute ou d’euphorie (oui, il y en a aussi pas mal).

    Plus d’infos sur le NaNo sur le site officiel nanowrimo.org ou sur la page Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/National_Novel_Writing_Month

    Malheureusement, cette année, je n’aurai pu assister à aucun Write-in (réunion entre participants où l’on écrit), heureusement, il restait toujours DrJohn sur le vieux chan IRC (déserté par tout le monde, sauf nous deux, qui jouons un peu les gardiens du temple) et Lily SnowCrash, amie de longue date, rencontrée, elle aussi grâce au NaNo, avec qui je discutais un peu.

    Une image tiré du film Indiana Jones et la dernière croisade. Indy arrive dans la salle du graal et voit un ancien chevalier croisé.
Sont ajoutés les dialogues « Hey ! Salut DrJohn !
- Chut ! Je suis en plein WW ! »
pour représenter les « gardiens du temple » cité plus haut dans l’article

    Objectifs

    Je participe à ce challenge chaque année depuis 2011 avec succès à chaque édition. Grâce à cela, j’ai réussi à écrire 3 romans (que vous pourrez retrouver ici, si jamais vous ne les connaissez pas).

    Cependant, les quatre dernières éditions ont été, à mon sens, des réussites seulement numériques. Les textes que j’ai pu écrire n’ont abouti à rien de finalisé. Et pour cause, ils ont tous été la réécriture totale d’un projet qui me tient à cœur, et qui, avec le temps, me stresse de plus en plus : le tome III des aventures de l’Horloge de la XIIIe Heure.

    L’objectif de cette année était donc de

    • me remettre sérieusement à l’écriture,
    • finir un premier jet de ce tome III et
    • « casser la malédiction » des projets non terminés.

    Comment ça s’est passé

    Le 1ᵉʳ novembre étant férié, il est toujours facile de faire un bon départ. Il est de tradition d’écrire à partir de minuit, même si ce n’est qu’une petite demi-heure et 500 mots. Ce seront toujours des mots d’écrits.

    Et c’est comme n’importe quelle discipline qu’on n’a pas pratiquée depuis un moment : au début, ça pique, ça fait un peu mal et on a l’impression de n’avancer à rien. Heureusement, j’ai l’habitude de l’événement maintenant, je sais qu’il faut aller au-delà de cette sensation, que ça va aller mieux ensuite.

    On peut le voir aux statistiques, j’ai été plutôt régulier avec généralement des journées d’écriture entre 1700 et 1800 mots. Il y a eu quelques accidents de parcours (pas toujours simple de stopper complétement la vie sociale durant 1 mois 😅), mais je suis content du rythme que j’ai pu tenir. Je finis le mois avec plus de 53000 mots écrits, dont 0 ou presque de réflexion d’écriture. Là, c’est que de l’histoire pur jus de chaussette.

    Courbes de statistiques de mon nano 2023, avec en haut le nombre cumulé de mots contre la courbe théorique ; en bas, la coube quotidienne

    Pour le contenu, dont je ne dévoilerai aucun élément pour éviter tout spoil, je suis plutôt content aussi, même si je ne sais pas exactement où je vais ni comment je vais atteindre le but que je me suis fixé.

    Je n’ai pas encore fini ce premier jet, mais maintenant que j’ai relancé la machine à écrire (c‘est une façon de parler, hein, parce que j’écris sur ordi, en vrai), mon objectif est de continuer sur ce rythme jusqu’à un premier jet terminé.

    Il serait très optimiste de donner un calendrier prévisionnel et encore plus d’annoncer une date de sortie de ce tome III, mais dans l’absolu, j’aimerais qu’en juin 2024 maximum, ce livre soit terminé et en vente. Car c’est aussi en finalisant la trilogie de l’Horloge que j’aurai l’esprit plus serein et léger pour reprendre et finir les autres projets d’écriture laissés en suspens depuis trop longtemps.

    Y a plus qu’à, comme on dit.

    Dans les anecdotes à la c*n,la touche Z de mon clavier a décidé de péter en plein milieu du mois. J’ai essayé de faire avec mais après une semaine, j’ai dû m’avouer vaincu et, faute de pièces de rechange existante (pas merci Logitech), j’en ai racheté un nouveau.

    Les outils

    Comme je le disais plus haut, j’ai beaucoup traîné sur le chan IRC (irc.epiknet.org:6667 salon #nanowrimo_france si jamais vous voulez venir faire un tour). Je trouve que c’est plus convivial et simple d’accès que Discord.

    NaNoBot Irc

    Il y a quelques années, avec Kemenyx (une autre nanoteuse), nous avions trafiqué un peu de Javascript pour faire un bot qui gèrerait les wordwars et qui animerait un peu le salon. J’ai retrouvé le code qui traînait sur mon ordi, je l’ai un peu dépoussiéré et relancé. Ce qui nous aura permis à DrJohn et moi de faire des WW entre nous. En vrai, ça ne sert pas à grand-chose, mais j’aime bien l’idée qu’il y ait un arbitre, même virtuel.

    Write-or-Die

    Dans les outils qui me sont devenus indispensables pour écrire, il y aussi Write-or-Die, une petite application web qui permet de te stresser quand tu n’écris pas en, au mieux, te mettant du son énervant dans les oreilles (qui s’arrête dès qu’on réécrit), et, au pire, efface les mots que tu avais déjà écrits. Heureusement, c’est configurable. En tout cas, c’est vraiment utile, parce que ça m’oblige à « faire taire l’éditeur en soi » et à écrire au lieu de trouver quelle est le mieux entre « dans ce cas » et « en ce cas » (oui, c’est du réellement vécu). Je n’utilise que la v2, la v3 étant plus bordélique à mon goût : https://v2.writeordie.com

    La homepage de la v2 de Write or Die

    Conclusion

    Parce qu’il faut bien conclure, je dirai que cette édition 2023 du NaNoWriMo a été pour moi une sorte de renouveau, où j’ai réellement retrouvé le plaisir d’écrire. Il faut encore garder la motivation (mais je suis confiant) et finir l’histoire.

    Je devrais vous en parler dans les prochains mois.

  • 325 — Bilan 2019

    La nouvelle année arrivant, laissez-moi d’ores-et-déjà vous souhaiter une excellente année 2020, soyez en bonne santé & décrochez vos rêves !

    Je ne suis habituellement pas un adepte des bilans de fin d’année, mais 2019 aura été une charnière dans ma vie (rien que ça, oui !), et je trouvais bien d’essayer de lister tout ce qu’il s’est passé dans cette année.

    En tant qu’auteur

    Avec ma casquette d’auteur, l’info la plus importante aura été la sortie cette année de « La Neste Funeste », 5 ans après la sortie de l’Horloge de la XIIIe Heure (et surtout après un combat intensif de 15 mois de corrections et de réécriture (je remercie encore une fois les personnes qui m’ont aidé et soutenu dans cette épreuve)).

    NaNoWriMo ?

    J’ai aussi, et contre toutes attentes, non seulement participé mais aussi réussi le NaNoWriMo de cette année. L’histoire nécessite encore d’être terminée et peaufinée, bien sûr, mais je pense que je pourrai en faire quelque chose de bien.

    En tant qu’artiste en général

    En parallèle de ces corrections, je me suis essayé à l’aquarelle (pas assez mais les journées ne font que 24 heures et sont le plus souvent remplies d’obligations professionnelles à la con) :

    J’ai également essayé de me mettre un peu plus sérieusement à Blender (logiciel de 3D gratuit et open source), et j’ai fait plusieurs scènes dont je suis assez content. Si vous me suivez sur Instagram vous aurez pu voir passer les rendus.

    Il y a principalement eu deux scènes : une dans un café, une dans un hôtel :

    Vous pouvez les voir plus en détails sur la page Artstation que j’ai créée pour l’occasion.

    Plus récemment, je me suis aussi amusé à suivre les très bons (et remis à jour pour Blender 2.8) tutoriels d’Andrew Price alias Blender Guru pour la création d’un donut réaliste…

    Donut 3d
    Je sais pas vous, mais moi, même si je sais qu’il est virtuel, il me donne faim…

    Forcément, durant le mois d’octobre, j’ai fait l’inktober (vous pouvez retrouver l’historique par ici). Je m’étais imposé comme contrainte de faire des portraits. Voici ceux que je trouve les plus réussis :

    Et mon alter-ego de la vie normale ?

    En plus de tout ceci, et parce que la vie n’est pas faite que d’écriture et d’art, 2019 aura été l’année de la reconversion professionnelle.

    J’ai passé plus de 20 ans dans un travail qui aura eu de très bons côtés et qui m’aura permis de vivre des expériences riches et de rencontrer des personnes géniales. Malheureusement, la succession de mauvais chefs qui auront abusé de ma conscience professionnelle et de ma volonté de toujours réussir la mission même sans moyen, m’a usé et a eu raison de ma santé mentale fin 2018. J’ai pris la décision de partir plutôt que de passer un point de non-retour pour ma famille et pour moi.

    Il aura fallu de longs mois (c’est toujours long quand le management est mauvais) pour trouver mon projet de départ (histoire à multiples rebondissements), mais la décision prise aidait déjà à « voir le bout du tunnel ».

    Donc, depuis quelques mois, me voilà en formation pour devenir développeur Web, métier qui me fait de l’œil depuis toujours ou presque.

    J’ai eu l’impression d’un saut dans le vide, parce que ce n’est pas si simple que ça de quitter un boulot qu’on connaît, un salaire et le confort de la routine, pour aller faire quelque chose de nouveau, mais le choix s’est avéré payant à bien des niveaux déjà !

    Conclusion

    Cette année aura été pour moi très mouvementée avec pas mal de choses faites et un grand changement qui continuera à avoir des impacts sur l’année qui vient.

    Pour 2020, j’espère un nouveau boulot dans mon nouveau métier, du temps pour dessiner, peindre, faire de la 3d et écrire et vivre heureux (car c’est quand même ça le plus important)

    Et chez vous ? Que s’est-il passé d’important pour vous ?

  • 266 — Macro Word pour la bétalecture et la correction

    Je suis un paresseux et je n’aime pas utiliser beaucoup d’énergie et de clics de souris pour arriver à mes fins, alors j’essaie de me faciliter la vie. J’avais déjà pu vous expliquer comment j’essayais d’accélérer ma vitesse de frappe et de sauvegarder ma concentration dans mon article 064 – Configuration de l’autocorrection & 067 – Les raccourcis vitaux pour naviguer dans le texte.

    Aujourd’hui, je reviens avec un cadeau (oui, rien que ça) pour toutes celles et tous ceux qui corrigent des textes (les leurs et ceux des autres) : un système de gestion du type de corrections à apporter !

    (suite…)

  • 202 — L’univers ne veut pas que vous lisiez la suite de l’Horloge !

    Aujourd’hui, avait lieu le speed dating des Imaginales, célèbre festival de la littérature de l’imaginaire qui se tient chaque année à Épinal.
    Ce speed dating permet à des auteurs de rencontrer des éditeurs en direct et de leur présenter un manuscrit.
    J’avais essayé de m’inscrire l’année dernière mais je n’avais pas été retenu, parce qu’inscrit trop tard.
    Donc cette année, quand j’ai été contacté par la personne en charge de cette activité à la mairie d’Épinal, j’ai préféré sauter sur l’occasion plutôt que de la laisser passer une seconde fois. Pour ma part, comme expliqué dans une note précédente, j’ai déjà 1000 trucs sur le feu et, surtout, je n’avais pas de projet fini à présenter.

    Mais comment as-tu fait, me demanderez-vous, sans projet terminé ?

    Plot twist : des projets commencé, j’en avais (au moins) un.

    Biscornu, à peine commencé sur le papier, navigant dans ma tête depuis déjà au moins 3 ans, je ne voyais que celui-ci pour séduire un éditeur (et mon charme irrévérencieux et parfaitement maîtrisé, évidemment).
    J’ai donc bossé dessus, le projet, pas mon charme 😉 , pour en préparer un pitch d’accroche et une vingtaine de pages.
    La semaine dernière, j’ai eu la confirmation que j’étais retenu pour la session de cette année. En début de semaine, nous avons reçu la liste des éditeurs présents. On nous demandait de faire une liste de priorité de ceux que l’on voulait rencontrer. Dès le départ, nous étions prévenus qu’il serait difficile de voir le patron de Bragelonne, maison d’édition de l’imaginaire dont la réputation n’est plus à faire, parce qu’il serait très demandé et qu’il serait possible de le rencontrer sur le salon les autres jours.
    Pour ma part, j’avais prévu de faire le voyage sur la seule après-midi, donc j’ai quand même mis Bragelonne en n°1 de mes vœux parce que mon projet correspond bien à leur ligne éditoriale et que je ne restais pas suffisamment pour espérer le voir à un autre moment.

    Arrivé cet après-midi à l’heure du rendez-vous, je croise des têtes connues du groupe NaNo de Strasbourg, dont une qui participe aussi au speed dating. Une fois que tout le monde est là, nous nous dirigeons vers le lieu secret, un café qui semble avoir oublié que nous débarquions.
    Nous étions quand même 19 auteurs retenus, plus les gens de l’organisation et les éditeurs (7 ou 8, je dirais).
    On nous parque à la cave, en attendant, ce qui permet grâce à la promiscuité de faire parler tout le monde et de détendre un peu l’atmosphère. Les rencontres se feront en salle, à la surface.
    Arrive enfin la MC, Silène Edgar, qui gère cette activité depuis deux ou trois années déjà. Elle est très sympa et nous rassérène, parce qu’il y a quand même un peu de stress comme avant un oral du bac. Elle annonce les gens qui vont passer avec quelle maison d’édition.
    Je suis appelé en premier.
    « Tu vas voir Stéphane Marsan ! » me dit-elle.
    Je reste un peu bouche bée, puisque je suis le premier à passer avec Bragelonne alors que je m’attendais à ne même pas pouvoir le rencontrer.
    Ensuite, j’ai pu rencontrer ActuSF, puis Critic, et enfin L’Atalante, qui, de prime abord, ne semblait pas intéressé, mais m’a quand même laissé parlé du projet et m’a finalement apporté quelques critiques constructives vraiment intéressantes.

    Dans l’ensemble, tout le monde a eu l’air intéressé par mon projet, mais la plupart auraient préféré un projet fini. L’ensemble des rencontres a cependant été bienveillante et intéressante.

    Voilà ce qui me mène au titre de cette note de blog…

    L’univers ne veut pas que vous lisiez la suite de l’Horloge parce que pour l’instant, il me pousse à écrire rapidement un premier jet de ce que j’ai présenté ici pour pouvoir le soumettre tout aussi rapidement. Ce qui repousse d’autant la sortie de La Neste Funeste.
    Cependant, et avant de jurer le point levé vers l’écran de votre ordinateur/tablette/smartphone/fax(!), sachez que j’entrevoyais déjà une réécriture complète de la Neste Funeste pour l’améliorer, donc soyez assurés que la patience qu’il vous faudra encore afin de pouvoir la lire n’apportera que du mieux (j’espère pour mes fesses, sinon, je sens bien que vous allez venir avec des fourches ^)

  • 127 — Zombies

    Ce matin, en me réveillant, je me sentais bizarre, comme si la veille je m’étais saoulé, alors que non. Mal de tête, yeux lourds et collés. J’ai eu du mal à sortir de mon lit. J’avais l’impression d’être tout engourdi, d’avoir attrapé un mauvais truc mais je ne comprenais ni comment ni quoi.
    Quand je suis sorti de chez moi j’ai eu l’impression que la lumière n’était pas la même que d’habitude, comme si une chape étrange s’était abattue sur le ciel au-dessus des nuages, mangeant la lumière avant qu’elle ne nous arrive. Impossible de comprendre ce qui n’allait pas, mon mal de crâne m’empêchait de réfléchir correctement.
    Dans les rues, tous les gens que je croisais avait l’air très atteints. Leur peau semblait plus grise. Ils n’étaient plus que des ombres traînant des pieds, ne s’exprimant que par des râles et des grognements. Leurs regards vides faisait frémir et je me suis demandé s’ils savaient vraiment où ils allaient ou si leurs corps ne bougeait que grâce à une mémoire corporelle résiduelle. Cependant, et ce qui m’a étonné, aucun d’entre eux n’avait l’air agressif.
    Je me demandais sérieusement quelle étrange maladie avait pu se propager ses dernières heures pour faire de toute une population ces espèces de morts-vivants. Peut-être était-ce de ce mal que je souffrais aussi. Impossible pour moi de le savoir réellement. Je n’étais pas sorti du week-end. Pourtant, j’avais l’impression que plus ça allait, moins mon cerveau parvenait à analyser les informations que le monde m’envoyait.

    Ce ne fut qu’une fois au bureau que tout bascula et que je compris que ce n’étais pas une simple maladie.
    Bruno, mon collègue, est finalement arrivé, très tard, en traînant les pieds sur la moquette. Sa sacoche est retombée lourdement sur le bureau. Il m’a regardé avec ce regard étrange empli de rage et de honte, quelque chose que je ne compris que quand il parvint à articuler ces quelques mots :
    « Putain, j’ai oublié de changer d’heure ! »

  • 123 – Alan

    Phrase donnée par Alice Saturne

    Il lança les dés, attendant que son destin soit scellé.

    C’était une idée folle qu’il avait eu de jouer son droit à monter à bord de cette navette par ce biais. Les chances qu’il parvienne à faire un double six sur un seul lancé étaient mince. Évidemment, il aurait pu utiliser ses pouvoirs pour arriver à ce résultat mais il savait très bien que les télékinésiens n’étaient pas appréciés et c’était justement pour cette raison qu’il avait besoin de monter à bord et de fuir cette planète un peu trop hostile pour lui.

    Alan avait lancé les dés forts sur la grande table. Ils avaient rebondi sur les parois deux fois déjà et continuaient à tournoyer sur eux-mêmes. Leur rotation commençait à ralentir, ils allaient enfin tomber et annoncer leur verdict.

    Le jeune homme retint son souffle sans vraiment s’en rendre compte. Le temps sembla ralentir. Les dés tournoyaient mais n’avaient pas l’air de vouloir s’arrêter. Il eut l’envie fugace d’appuyer dessus à distance pour terminer ce supplice et découvrir s’il pouvait monter à bord mais il se retint. Il ne voulait pas se mettre à dos ce capitaine qui, déjà, n’avait pas l’air de vouloir l’embarquer. On lui avait dit que c’était l’homme à voir pour quitter la planète le plus rapidement possible mais qu’il avait un caractère étrange et des méthodes pour juger les gens, peu conventionnelles. Ce qu’Alan avait immédiatement pu constater. Il l’avait trouvé assis sur une chaise en train de fumer un cigare, ses grosses bottes posées sur la table de jeu sur le pont arrière.

    Les dés tournaient toujours. Comment le pouvaient-ils ? Et ça ne semblait choquer personne. Le jeune homme regarda les quelques membres d’équipage qui entouraient leur capitaine et avaient les yeux rivés sur le tapis de jeu. Un ramassis d’hommes et de femmes de tous âges qui semblaient tous repris de justice. Se pouvait-il qu’il y ait un autre télékinésien dans le lot ? Les dés continuant de tourner sur eux-mêmes, le jeune homme essaya de découvrir lequel de ces personnages agissaient. Il ne serait pas compliqué à trouver, il fallait juste trouver celui qui avait l’air le plus concentré. Derrière deux gros balèzes, qui devaient être mécano ou quelque chose dans le genre vu la couche de cambouis sur leurs mains et leur bras hypertrophiés, se cachait une jeune fille aux cheveux courts et roses. Au premier regard, Alan comprit que c’était elle qui faisait ça.

    Mais pourquoi continuer à faire tourner les dés alors qu’il aurait été facile de les faire s’arrêter sur autre chose qu’un double six ? Il n’en savait rien mais si elle voulait jouer, elle avait trouvé le bon partenaire. N’hésitant plus, il commença à ralentir la rotation des petits cubes pour voir où se positionnaient les six pour les faire s’arrêter comme il le voulait. Au début, les dès ralentirent mais rapidement, ils repartirent de plus belle. Le temps pour la demoiselle de se rendre compte que l’invité surprise avait compris le manège.

    Forçant un peu, il continua d’essayer de ralentir le mouvement des dés. La jeune femme semblait puissante car malgré les efforts du jeune homme, elle parvenait à maintenir une bonne vitesse de rotation.

    Les forces invisibles qui contraignaient les deux petits cubes de résines étaient telles qu’elles commencèrent à déformer la matière, les faisant s’allonger verticalement, suivant l’axe de rotation, usant prématurément la moquette de la table de jeu.

    Le jeune homme commençait à avoir chaud et sentait des gouttes de sueur poindre sur son front et dans son dos. Derrière les deux armoires à glace, il voyait à peine le front de la jeune femme se plisser. Elle n’avait pas l’air de forcer plus que ça. Il fallait arrêter de jouer. Alan envoya lâcha un peu la pression avant de renvoyer un bon coup. Les quelques fois où il avait dû combattre des gens avec les mêmes capacités que les siennes, il avait agi de la sorte et en était ressorti vainqueur.

    Malheureusement, cette fois-ci, la jeune femme sembla anticiper son attaque et teint le choc. Les dés vacillèrent mais continuèrent leur course. Allan agrippa la table, comme pour se stabiliser et se concentra le plus intensément possible. La jeune femme se mit sur la pointe des pieds pour lui lancer un regard empli autant de détermination que de plaisir.

    Sur le pont, toutes les parois commencèrent à vibrer sous les puissances qui se combattaient en silence. Les vibrations devinrent rapidement des secousses. Les boulons qui assemblaient les plaques de métal des murs et du sol commençaient à se dévisser.

    Encore une dizaine de seconde et le vaisseau allait tomber en pièces sur le tarmac d’envol. Le capitaine claqua finalement des doigts. Les dés se plantèrent dans la table aussi vite que s’ils étaient sortis d’une arme à feu. Les tremblements stoppèrent. Alan relâcha immédiatement son esprit et la table, haletant comme s’il venait de faire un sprint, voyant la jeune femme s’essuyer le front du revers de la main. Le capitaine reposa ses pieds par terre et se leva de sa chaise. Tirant son cigare de ses lèvres :

    « On ne m’a pas menti sur toi, tu n’es pas mauvais. Bienvenu à bord ! Suis Hank, il va te montrer où tu crécheras pendant le voyage ! »

  • 121 – NaNoWriMo 2013 : Fin

    2013-Winner-Facebook-ProfileNous sommes le 28 novembre et j’ai officiellement terminé cette nouvelle cession du NaNoWriMo. avec 50136 mots. Évidemment, l’histoire n’est pas terminée. Il me reste un bon morceaux à écrire encore. Je n’en suis qu’à 60%-75% peut-être.

    Je suis assez content parce que malgré un bon nombre d’activités personnelles et un emploi du temps professionnel extrêmement chargé j’ai réussi à écrire presque tous les jours, même si le jour où j’ai écrit le moins, j’ai dû me battre pour aligner 125 mots. Il y a eu des jours à plus de 2500 mots. J’ai passé quelques jours avec une moyenne à 2000 mots/jour. Heureusement parce que la fin du mois, s’est mal goupillée pour l’écriture.

    Bref, je suis avec la fameuse gueule de bois de fin de NaNo, heureux d’avoir fait le compte, mais conscient qu’il y a encore beaucoup de travail pour finir le premier jet, pour l’éditer, éditer le précédent aussi et lisser le tout pour avoir une trilogie cohérente et qui se tient.

    Je vais peut-être reprendre l’écriture de nouvelles aussi, mais pas forcément quotidiennement, histoire d’avoir plus de temps pour le reste.

  • 103 – De l’utilisation des temps dans la narration

    Ce matin sur Twitter, j’ai pu avoir un débat (même pas houleux dis-donc) à propos de la narration. Tout est parti de ce tweet :

    C’en est suivi une petite discussion bien sympathique (et qui changent des nombreux clashes qu’on peut voir sur Twitter) où les uns rappelaient que « l’usage veut que le temps de narration littéraire soit le passé simple[…] » ou que « tout au présent paraissait bizarre », d’autres trouve que c’est plus contraignant pour l’auteur et pour le lecteur.

    Pour avoir testé la narration au passé simple — qui reste ma préférée —, celle au présent, à la première personne, à la troisième personne et même à la seconde durant mon marathon, je dirais que le temps de narration dépend de plusieurs facteurs (dans le désordre) :

    • De l’utilisation du « je » ou « il/elle » qui changera complètement la façon dont sera perçu l’histoire,
    • Du type d’histoire qu’on raconte. Je pense qu’un thriller et une romance n’utilisent pas la même narration,
    • Du rythme qu’on veut imposer au lecteur.

    Alors quoi ? On ne peut pas écrire comme on veut ?

    On peut écrire comme on veut mais si on veut que ce soit lu, il faut que ce soit fluide pour le lecteur. Il ne faut pas le perdre avec une narration trop étrange alors qu’il découvre déjà des personnages et un monde nouveaux (je pars évidemment du postulat qu’on écrit de la fiction).

    Il faut se souvenir que si l’« usage » est d’un certain type, c’est parce qu’en général d’autres choses ont déjà été testées et qu’elle ne fonctionnent pas aussi bien (ce qui ne veut pas dire qu’elles ne fonctionnent pas). Donc garder le passé simple et consorts est la meilleure façon — et la plus simple finalement — de faire pour raconter des histoires, parce qu’elle permet de garder le lecteur dans une façon de lire déjà connue et éprouvée. Faisons comme s’il était un promeneur et le temps de la narration le moyen de locomotion. L’« usage », c’est la marche à pied. Donc le lecteur marche tranquillement et l’auteur crée le décor. Si le lecteur a l’habitude de marcher, il est habitué à apprécier les arbres, le ciel, les insectes, tout ce que l’auteur lui décrit et lui raconte, même si c’est un sentier nouveau qu’il arpente.

    Hop, l’auteur change le moyen de transport parce qu’il préfère utiliser le présent, par exemple. Le lecteur est maintenant sur un vélo. Il n’en a jamais fait. Au début, il va avoir un peu de mal pour se concentrer sur le décor de la promenade, trop concentré sur sa technique. Logique. Et c’est à l’auteur de rendre le changement le plus invisible possible pour le lecteur, de le faire se sentir à l’aise le plus tôt dans l’histoire pour qu’il puisse l’apprécier à sa juste valeur. Il est clair que si l’auteur lui-même n’est pas à l’aise, il n’arrivera pas à mettre à l’aise le lecteur.

    Je prendrais une seconde comparaison, tirant plutôt vers le dessin numérique. Les effets qu’on veut apporter sur le plan narratif en ne suivant pas l’« usage » sont comme les filtres photoshop : le Démon. Ça paraît sectaire ? Effectivement, ça l’est un peu. Mais pour avoir vu beaucoup de gens commencer à dessiner sous photoshop, j’ai constaté que l’erreur que la plupart faisaient était de trop utiliser les filtres pour masquer leur manque de technique (et de regard critique sur leur travail mais c’est un autre problème). Les filtres sont des outils très puissants quand ils sont utilisés correctement. Le changement de temps de narration, c’est pareil. C’est technique, il faut savoir s’en servir et on n’utilisera pas autre chose que le passé simple en se justifiant qu’on ne maîtrise pas la conjugaison et les accords dans ces temps, par exemple.

    Essayons avec le premier texte de grand auteur qui me tombe sous la main (Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas) :

    Morrel ne se borna pas aux renseignements que lui donnait Valentine ; il alla chez le notaire, qui lui confirma la nouvelle que la signature du contrat était pour neuf heures du soir.

    Puis il passa chez Monte-Cristo ; ce fut encore là qu’il en sut le plus : Franz était venu lui annoncer cette solennité ; de son côté, madame de Villefort avait écrit au comte pour le prier de l’excuser si elle ne l’invitait point ; mais la mort de M. de Saint-Méran et l’état où se trouvait sa veuve jetaient sur cette réunion un voile de tristesse dont elle ne voulait pas assombrir le front du comte, auquel elle souhaitait toute sorte de bonheur.

    Morrel ne se borne pas aux renseignements que lui a donné Valentine ; il va chez le notaire, qui lui confirme la nouvelle que la signature du contrat est pour neuf heures du soir.

    Puis il passe chez Monte-Cristo ; c’est encore là qu’il en apprend le plus : Franz est venu lui annoncer cette solennité ; de son côté, madame de Villefort a écrit au comte pour le prier de l’excuser si elle ne l’invite point ; mais la mort de M. de Saint-Méran et l’état où se trouve sa veuve jettent sur cette réunion un voile de tristesse dont elle ne veut pas assombrir le front du comte, auquel elle souhaite toute sorte de bonheur.

    Il est clair que la version au présent n’apporte pas grand chose au récit, voire lui enlève de la fluidité.

    Oui mais y en a des qui font ça au présent

    (ce sous-titre n’est pas correct grammaticalement ? oui, et alors ? :p )

    Le temps n’est plus ce qu’il était.

    C’est ce que je me dis chaque matin quand je me regarde dans le miroir pour me raser. Ou bien c’est moi qui vieillis. Je ne sais pas trop.

    Et maintenant, me voilà dans cette satanée salle d’interrogatoire. À perdre mon temps. Oh, je sais bien pourquoi je suis là. Ils n’ont pas eu besoin de me le dire quand ils m’ont ramassé sur les quais de Seine. Même si je me demande comment ils ont su. Je revenais d’un boulot pour un gros client. J’allais planquer à l’endroit habituel mon butin en attendant de réunir la commande complète. Heureusement, ils m’ont chopé juste avant que je ne me serve de la cachette. Ce n’est pas la seule planque que j’ai dans la ville mais c’est toujours ennuyeux d’en perdre une. Il est très difficile de trouver un abri qui résiste au temps.

    Le temps n’était plus ce qu’il avait été.

    C’est ce que je me disais chaque matin quand je me regardais dans le miroir pour me raser. Ou bien était-ce moi qui vieillissait ? Je ne savais pas trop.

    Et alors, je me retrouvais dans cette satanée salle d’interrogatoire. À perdre mon temps. Oh, je savais bien pourquoi j’étais là. Ils n’avaient pas eu besoin de me le dire quand ils me ramassèrent sur les quais de Seine. Même si je me demandais comment ils avaient su. Je revenais d’un boulot pour un gros client. J’allais planquer à l’endroit habituel mon butin en attendant de réunir la commande complète. Heureusement, ils m’avaient chopé juste avant que je ne me serve de la cachette. Ce n’était pas la seule planque que j’avais dans la ville mais c’était toujours ennuyeux d’en perdre une. Il a toujours été très difficile de trouver un abri qui résistait au temps.

    Pour l’exemple ci-dessus, tiré de ma nouvelle « Le Temps », je me suis amusé à passer le texte original du présent à une version passé. J’en ai chié tellement je trouvais ça en inadéquation avec le sens du texte. Les deux versions ne sont pas juste différentes au niveau des temps utilisés mais aussi par l’ajout ou la suppression d’un mot ou d’une ponctuation. Est-ce que ça fonctionne mieux dans un cas où dans l’autre ? Le lecteur me donnera son avis ici (moi, je préfère la version au présent), mais dans une œuvre finie et publié, il prend le texte comme il est sans élément de comparaison. Personne ne perdra du temps à lire un texte dans un autre temps que ce lui qu’il a sous les yeux. C’est donc à l’auteur de faire un boulot correct pour que ça ne choque pas.

    Je le répète, je pense que tout peut fonctionner correctement à partir du moment où l’auteur sait (a l’impression de savoir?) ce qu’il fait. Le temps de narration est aussi important que le point de vue utilisé et il est nécessaire de ne pas s’enfermer dans l’« usage » si on a une très bonne idée avec autre chose que le passé simple.

    conclusion

    Si l’usage du passé simple est le cadre « normal » de la littérature autant pour l’auteur que pour le lecteur, il ne faut pas s’interdire d’explorer d’autres voies de peur de sortir des sentiers battus ni utiliser ces sentiers battus à tout-va au risque de perdre tout le monde.

    Utilisé à bon escient, le présent peut être apporter à des scènes une forte tension ou dans le récit de quelqu’un qui raconte l’histoire comme il parlerait un certain réalisme. Les possibilités sont là, il faut juste les utiliser à correctement pour que ça reste lisible et compréhensible pour l’utilisateur final : le lecteur.