Étiquette : Technique d’écriture

  • 266 — Macro Word pour la bétalecture et la correction

    Je suis un paresseux et je n’aime pas utiliser beaucoup d’énergie et de clics de souris pour arriver à mes fins, alors j’essaie de me faciliter la vie. J’avais déjà pu vous expliquer comment j’essayais d’accélérer ma vitesse de frappe et de sauvegarder ma concentration dans mon article 064 – Configuration de l’autocorrection & 067 – Les raccourcis vitaux pour naviguer dans le texte.

    Aujourd’hui, je reviens avec un cadeau (oui, rien que ça) pour toutes celles et tous ceux qui corrigent des textes (les leurs et ceux des autres) : un système de gestion du type de corrections à apporter !

    (suite…)

  • 103 – De l’utilisation des temps dans la narration

    Ce matin sur Twitter, j’ai pu avoir un débat (même pas houleux dis-donc) à propos de la narration. Tout est parti de ce tweet :

    C’en est suivi une petite discussion bien sympathique (et qui changent des nombreux clashes qu’on peut voir sur Twitter) où les uns rappelaient que « l’usage veut que le temps de narration littéraire soit le passé simple[…] » ou que « tout au présent paraissait bizarre », d’autres trouve que c’est plus contraignant pour l’auteur et pour le lecteur.

    Pour avoir testé la narration au passé simple — qui reste ma préférée —, celle au présent, à la première personne, à la troisième personne et même à la seconde durant mon marathon, je dirais que le temps de narration dépend de plusieurs facteurs (dans le désordre) :

    • De l’utilisation du « je » ou « il/elle » qui changera complètement la façon dont sera perçu l’histoire,
    • Du type d’histoire qu’on raconte. Je pense qu’un thriller et une romance n’utilisent pas la même narration,
    • Du rythme qu’on veut imposer au lecteur.

    Alors quoi ? On ne peut pas écrire comme on veut ?

    On peut écrire comme on veut mais si on veut que ce soit lu, il faut que ce soit fluide pour le lecteur. Il ne faut pas le perdre avec une narration trop étrange alors qu’il découvre déjà des personnages et un monde nouveaux (je pars évidemment du postulat qu’on écrit de la fiction).

    Il faut se souvenir que si l’« usage » est d’un certain type, c’est parce qu’en général d’autres choses ont déjà été testées et qu’elle ne fonctionnent pas aussi bien (ce qui ne veut pas dire qu’elles ne fonctionnent pas). Donc garder le passé simple et consorts est la meilleure façon — et la plus simple finalement — de faire pour raconter des histoires, parce qu’elle permet de garder le lecteur dans une façon de lire déjà connue et éprouvée. Faisons comme s’il était un promeneur et le temps de la narration le moyen de locomotion. L’« usage », c’est la marche à pied. Donc le lecteur marche tranquillement et l’auteur crée le décor. Si le lecteur a l’habitude de marcher, il est habitué à apprécier les arbres, le ciel, les insectes, tout ce que l’auteur lui décrit et lui raconte, même si c’est un sentier nouveau qu’il arpente.

    Hop, l’auteur change le moyen de transport parce qu’il préfère utiliser le présent, par exemple. Le lecteur est maintenant sur un vélo. Il n’en a jamais fait. Au début, il va avoir un peu de mal pour se concentrer sur le décor de la promenade, trop concentré sur sa technique. Logique. Et c’est à l’auteur de rendre le changement le plus invisible possible pour le lecteur, de le faire se sentir à l’aise le plus tôt dans l’histoire pour qu’il puisse l’apprécier à sa juste valeur. Il est clair que si l’auteur lui-même n’est pas à l’aise, il n’arrivera pas à mettre à l’aise le lecteur.

    Je prendrais une seconde comparaison, tirant plutôt vers le dessin numérique. Les effets qu’on veut apporter sur le plan narratif en ne suivant pas l’« usage » sont comme les filtres photoshop : le Démon. Ça paraît sectaire ? Effectivement, ça l’est un peu. Mais pour avoir vu beaucoup de gens commencer à dessiner sous photoshop, j’ai constaté que l’erreur que la plupart faisaient était de trop utiliser les filtres pour masquer leur manque de technique (et de regard critique sur leur travail mais c’est un autre problème). Les filtres sont des outils très puissants quand ils sont utilisés correctement. Le changement de temps de narration, c’est pareil. C’est technique, il faut savoir s’en servir et on n’utilisera pas autre chose que le passé simple en se justifiant qu’on ne maîtrise pas la conjugaison et les accords dans ces temps, par exemple.

    Essayons avec le premier texte de grand auteur qui me tombe sous la main (Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas) :

    Morrel ne se borna pas aux renseignements que lui donnait Valentine ; il alla chez le notaire, qui lui confirma la nouvelle que la signature du contrat était pour neuf heures du soir.

    Puis il passa chez Monte-Cristo ; ce fut encore là qu’il en sut le plus : Franz était venu lui annoncer cette solennité ; de son côté, madame de Villefort avait écrit au comte pour le prier de l’excuser si elle ne l’invitait point ; mais la mort de M. de Saint-Méran et l’état où se trouvait sa veuve jetaient sur cette réunion un voile de tristesse dont elle ne voulait pas assombrir le front du comte, auquel elle souhaitait toute sorte de bonheur.

    Morrel ne se borne pas aux renseignements que lui a donné Valentine ; il va chez le notaire, qui lui confirme la nouvelle que la signature du contrat est pour neuf heures du soir.

    Puis il passe chez Monte-Cristo ; c’est encore là qu’il en apprend le plus : Franz est venu lui annoncer cette solennité ; de son côté, madame de Villefort a écrit au comte pour le prier de l’excuser si elle ne l’invite point ; mais la mort de M. de Saint-Méran et l’état où se trouve sa veuve jettent sur cette réunion un voile de tristesse dont elle ne veut pas assombrir le front du comte, auquel elle souhaite toute sorte de bonheur.

    Il est clair que la version au présent n’apporte pas grand chose au récit, voire lui enlève de la fluidité.

    Oui mais y en a des qui font ça au présent

    (ce sous-titre n’est pas correct grammaticalement ? oui, et alors ? :p )

    Le temps n’est plus ce qu’il était.

    C’est ce que je me dis chaque matin quand je me regarde dans le miroir pour me raser. Ou bien c’est moi qui vieillis. Je ne sais pas trop.

    Et maintenant, me voilà dans cette satanée salle d’interrogatoire. À perdre mon temps. Oh, je sais bien pourquoi je suis là. Ils n’ont pas eu besoin de me le dire quand ils m’ont ramassé sur les quais de Seine. Même si je me demande comment ils ont su. Je revenais d’un boulot pour un gros client. J’allais planquer à l’endroit habituel mon butin en attendant de réunir la commande complète. Heureusement, ils m’ont chopé juste avant que je ne me serve de la cachette. Ce n’est pas la seule planque que j’ai dans la ville mais c’est toujours ennuyeux d’en perdre une. Il est très difficile de trouver un abri qui résiste au temps.

    Le temps n’était plus ce qu’il avait été.

    C’est ce que je me disais chaque matin quand je me regardais dans le miroir pour me raser. Ou bien était-ce moi qui vieillissait ? Je ne savais pas trop.

    Et alors, je me retrouvais dans cette satanée salle d’interrogatoire. À perdre mon temps. Oh, je savais bien pourquoi j’étais là. Ils n’avaient pas eu besoin de me le dire quand ils me ramassèrent sur les quais de Seine. Même si je me demandais comment ils avaient su. Je revenais d’un boulot pour un gros client. J’allais planquer à l’endroit habituel mon butin en attendant de réunir la commande complète. Heureusement, ils m’avaient chopé juste avant que je ne me serve de la cachette. Ce n’était pas la seule planque que j’avais dans la ville mais c’était toujours ennuyeux d’en perdre une. Il a toujours été très difficile de trouver un abri qui résistait au temps.

    Pour l’exemple ci-dessus, tiré de ma nouvelle « Le Temps », je me suis amusé à passer le texte original du présent à une version passé. J’en ai chié tellement je trouvais ça en inadéquation avec le sens du texte. Les deux versions ne sont pas juste différentes au niveau des temps utilisés mais aussi par l’ajout ou la suppression d’un mot ou d’une ponctuation. Est-ce que ça fonctionne mieux dans un cas où dans l’autre ? Le lecteur me donnera son avis ici (moi, je préfère la version au présent), mais dans une œuvre finie et publié, il prend le texte comme il est sans élément de comparaison. Personne ne perdra du temps à lire un texte dans un autre temps que ce lui qu’il a sous les yeux. C’est donc à l’auteur de faire un boulot correct pour que ça ne choque pas.

    Je le répète, je pense que tout peut fonctionner correctement à partir du moment où l’auteur sait (a l’impression de savoir?) ce qu’il fait. Le temps de narration est aussi important que le point de vue utilisé et il est nécessaire de ne pas s’enfermer dans l’« usage » si on a une très bonne idée avec autre chose que le passé simple.

    conclusion

    Si l’usage du passé simple est le cadre « normal » de la littérature autant pour l’auteur que pour le lecteur, il ne faut pas s’interdire d’explorer d’autres voies de peur de sortir des sentiers battus ni utiliser ces sentiers battus à tout-va au risque de perdre tout le monde.

    Utilisé à bon escient, le présent peut être apporter à des scènes une forte tension ou dans le récit de quelqu’un qui raconte l’histoire comme il parlerait un certain réalisme. Les possibilités sont là, il faut juste les utiliser à correctement pour que ça reste lisible et compréhensible pour l’utilisateur final : le lecteur.

  • 067 – Les raccourcis vitaux pour naviguer dans le texte

    Rien que ça.

    Dans la série des conseils techniques pour pouvoir utiliser à bon escient Word (normalement, ça marche sous à peu près tous les logiciels) voici une liste (non-exhaustive) de raccourcis pour gagner du temps.

    Pour les PC sous Windows

    Ctrl + Shift + espace : espace insécable (les « ° » qu’on voit quand on affiche les caractères invisibles)
    Ctrl + Suppr. : efface le mot à droite du curseur
    Ctrl + Backspace : efface le mot à gauche du curseur
    Ctrl + flèche gauche/droite : déplace le curseur de mot en mot
    Ctrl + haut/bas : déplace le curseur vers le paragraphe suivant/précédent
    Ctrl + « Home » : Début du document
    Ctrl + « End » : Fin du document
    Ctrl + Molette de la souris : Zoom/Dézoom sur le document.
    Ctrl + Entrée : Saut de p
    Shift + Entrée : Saut de ligne
    Ctrl + Shift + Entrée : Saut de colonne

    Double clic sur un mot : Sélection du mot
    Triple clic sur un mot : Sélection du paragraphe

    Pour les Mac

    Partie à venir…

  • 064 – Configuration de l’autocorrection

    Suite à la demande de Magalie sur mon article 059 – De la fluidité de frappe pour garder sa concentration, voici comment configurer l’auto-correcteur sur MS Word, suivant la version.

    Je n’ai pas pu faire le tuto pour Open Office parce que l’installation n’a jamais voulu se lancer (j’ai quelques problèmes avec mon Seven qui pourtant est tout à fait légal…) mais si vous regardez comment ça marche sous Word, ça doit pas être trop différent.

    Word 2003

    Menu 'Outils' > 'Options de Correction Automatique'

    Menu ‘Options‘ > ‘Options de Correction automatique

    word2003_002Dans l’onglet ‘Correction automatique‘, sous partie ‘Correction en cours de frappe‘ (qui doit être coché)…

    word2003_003

    Dans la case ‘Remplacer‘, entrez le mot que vous tapez mal ou le raccourcis clavier. Dans ‘Par‘, le résultat. Exemple ici : je remplace ‘mm’ par ‘même’

    Cliquez sur ‘Ajouter‘.

    word2003_004Le couple ‘Remplacer/Par’ vient de s’ajouter dans la liste.

    word2003_005

    Recommencez l’opération autant de fois que vous avez de raccourcis à créer.

    Cliquez sur ‘Ok‘ (parce qu’à priori, ‘Fermer’ ne prend pas en compte ce qu’on vient de faire’)

    Word 2007/2010

    word2010_001Cliquez sur ‘Fichier‘ > ‘Options‘ ou le gros bouton moche > ‘Options‘ pour 2007

    word2010_002Allez dans la partie ‘Vérification‘ à gauche, puis cliquez le bouton ‘Options de correction automatique‘ à droite.

    word2010_003

    Dans la case ‘Remplacer’, entrez le mot que vous tapez mal ou le raccourcis clavier. Dans ‘Par’, le résultat. Exemple ici : je remplace ‘mm’ par ‘même’

    Cliquez sur ‘Ajouter‘.

    Dans l’onglet ‘Correction automatique‘, sous partie ‘Correction en cours de frappe‘ (qui doit être coché)…

    Le couple ‘Remplacer/Par’ vient de s’ajouter dans la liste.

    Recommencez l’opération autant de fois que vous avez de raccourcis à créer.

    Cliquez sur ‘Ok‘.

    Amusez-vous bien ! 🙂

  • 059 – De la fluidité de frappe pour garder sa concentration

    Qu’y a-t-il de plus désagréable, quand vous êtes lancé à taper un texte, qu’il soit de fiction ou non, que de devoir vous arrêter à cause d’une faute qui vient d’apparaître — si comme moi, vous ne pouvez pas continuer sans la corriger —, ou parce que vos doigts, mal synchronisés, viennent de ripper sur un mot, un mot tout bête, que vous écrivez au moins quinze fois par page mais, qu’à chaque fois pourtant, vous écorchez ?

    Pour moi, il n’y a pas grand-chose de plus désagréable.

    Lors de l’écriture, butter sur un mot fait facilement perdre le fil de ses pensées comme, en lecture, butter sur un mot trop compliqué ou une tournure de phrase étrange fait perdre la concentration du lecteur. Et je pense que dans un cas comme dans l’autre, c’est un petit échec pour l’auteur (pas du même niveau, certes, mais quand même).

    Où vitesse ne signifie pas précipitation

    Beaucoup d’auteurs pensent que le word count est le but ultime. Durant les nombreuses Word Wars que j’ai pu faire avec les autres Nanoteurs sur le chan IRC, le jeu est d’écrire le plus de mot possible dans une durée très limitée. Évidemment la vitesse de frappe entre en jeu et est un point important pour le résultat mais elle n’est pas tout.

    Des fois, il est préférable de taper lentement mais avec une bonne fluidité plutôt que de taper très vite mais de devoir s’arrêter toutes les phrases, voire plus souvent, pour devoir corriger quelque chose ou réfléchir à ce qu’on va écrire ensuite (mais ça, ce n’est pas le sujet de ce billet).

    La concentration, si importante pour la fluidité du débit des mots, est donc la chose à essayer de garder un maximum quand vous êtes lancé parce que s’arrêter, pour une raison ou une autre, signifie de longues secondes (minutes, plus(?)) de perte puis de reprise de cette si précieuse concentration et donc une vitesse moyenne de frappe qui tombe vertigineusement.

    Fluidité

    « Mais comment arriver à garder cette fluidité ? » me demanderez-vous (ou pas). Évidemment, savoir taper avec les dix doigts (au moins huit) sans regarder le clavier est un minimum. Un bon clavier est pour moi très important, je l’expliquais là. Mais il y a des choses contre lesquels mes années d’alignements de caractères sur Word n’ont jamais pu lutter : les emmêlements de doigts. Mais si, vous savez, le genre de truc qui donne ça comme résultat « li étiat uen fosi » et aussi, les fautes à répétitions parce que mon cerveau n’arrivera jamais à apprendre que « métallique » prend 2 « L » et comment s’écrit « accélération » correctement.

    Ma solution à ces problèmes : l’auto-correcteur de Word. Voilà.

    C’est tout.

    Ça a l’air tout con comme réponse, mais c’est un outil très puissant qui est sous-estimé, voire méconnu. Il n’est pas là que pour mettre les majuscules automatiquement en début de phrases ou appliquer des puces indésirables quand vous avez commencé une ligne par un tiret (c’est mal !). Non, non.

    Pour ma part, je m’en sers pour 3 raisons un peu différentes :

    • me permettre de corriger des fautes redondantes, comme métallique ou accélération,
    • pour atteindre des signes typographiques très chiants à atteindre habituellement sur un clavier Windows, comme les majuscules accentuées ou avec cédille (Ç, À, É, etc.), ou les cadratins ( « — », trop souvent confondus avec le tiret simple « – »),
    • pour me simplifier la vie en créant des raccourcis pour les mots un peu chiants à taper, en général ceux avec des tirets ou des accents circonflexes (exemple typique : peut-être) ou parce que je n’ai pas envie d’avoir à taper le nom complet de mes personnages.

    Il m’aura fallu prendre l’habitude d’utiliser ces raccourcis mais ça s’est fait très rapidement finalement  et ça me facilite grandement la vie, maintenant. Surtout, ça m’évite de perdre le fil de ce que je suis en train de raconter.

    Exemple de raccourcis magiques :

    Raccourcis

    Mots corrigés

    ^tre, etre être
    Pe^ Peut-être
    Plut^t, plutôt, tot Plutôt, tôt,
    m^ , mm même
    qq, qqun, qqs, qquns, qqchose, etc. Quelque, quelqu’un, quelques, quelques-uns, quelque chose, etc.
    cci, clci, cx Celui-ci, celle-ci, ceux
    lmm, elmm Lui-même, elle-même
    çç, àà, éé, èè Ç, À, É, È
    —  (là, j’ai directement ajouté l’espace insécable qui va avec le cadratin, au moins c’est fait)
    Cam Camille (le nom de mon héroïne)

    L’auto-correcteur, c’est le bien.

    Si la vitesse de frappe apporte une facilité pour suivre son fil de pensées, la capacité à ne pas s’arrêter sur des phrases ou des mots, à ne pas les corriger en temps réel, ainsi que les raccourcis pour éviter les « mots-pièges » sont un atout réel pour la qualité d’écriture puisque ça garantie une certaine sérénité pour ne  penser qu’à l’essentiel.