Catégorie : Nouvelles

  • 204 — Un nouveau marathon de la nouvelle ?

    Depuis quelques semaines déjà, cette idée me trotte dans la tête : me relancer dans un marathon de la nouvelle.

    Pour celles et ceux qui ne savent pas de quoi il s’agit, j’ai fait un petit marathon en 2013, de mi-juillet à fin octobre, j’ai écrit une nouvelle par jour, chaque jour (à quelques exceptions près). Le point particulier étant que le point de départ était toujours une phrase donnée par quelqu’un. Vous pourrez retrouver tout ce qui concerne ce marathon en cliquant sur ce lien : https://comtedex.wordpress.com//?s=marathon&search=Go
    Vous y trouverez divers bilans et réflexion de cette épreuve et la liste des 97 nouvelles écrites alors.

    Un coureur

    Depuis, j’ai publié deux romans et une nouvelle, mais le fait de devoir écrire régulièrement me manque un peu, donc je pense relancer ce marathon.
    Si la fois dernière, j’écrivais une nouvelle par jour, en plus du rythme pas toujours simple à tenir avec la vie d’à côté, il me manquait du temps pour faire un vrai travail éditorial ensuite (correction des fautes en profondeur, comme lissage du style). Donc je pensais peut-être me lancer sur un rythme plus lent comme 3 fois par semaine (Lundi, Mercredi, Vendredi ?) voire même une seule fois par semaine, ce qui permettrait d’écrire des choses plus longues.

    C’est là que j’ai besoin de vous, de votre avis pour me dire quel rythme vous préférez.

    [polldaddy poll=9817654]

    Ensuite, je veux encore partir sur des phrases qui ne sont pas de moi, ça ajoute de la contrainte, c’était vraiment sympa, et je pense que c’est ça vous fait plaisir de participer, non ? (j’espère que vous allez répondre « oui » xD)

    Donc, si vous voulez, vous pouvez déjà mettre en commentaire ici, des phrases d’accroches, ce que vous voulez, mais une seule phrase à la fois (histoire que je ne m’y perde pas). Je les rassemblerai sur un prochain billet et ferai un sondage pour savoir lesquelles vous plaisent le plus. Comme ça, ce n’est pas moi qui choisirai mon point de départ, mais vous. (oui, j’ai décidé de vous faire bosser un peu plus cette fois-ci 😉 )

    Ensuite, pour ajouter de la difficulté, je pense vous demander une nouvelle fois votre avis pour classer les phrases qui vous inspire le plus.

    Une dernière chose, je ne sais pas combien de temps je vais tenir. Évidemment, ça dépendra du rythme adopté, mais j’espère au moins tenir jusqu’à fin octobre si vous choisissez un rythme journalier et au moins noël si c’est hebdomadaire.

    À vous de jouer 🙂

  • 203 — Gif animés et Pixelart II

    Le temps passe vite, tout le monde le dit, tout le monde le vit, mais je n’oublie pas mes passions annexes à l’écriture, à la musique, à ma famille et au reste.

    J’avais fait un post sur le Pixel Art où je montrais des échantillons de ce que j’avais déjà fait, mais depuis je n’avais pas beaucoup eu l’occasion de m’y remettre.
    Hier, au détour d’un tweet, j’ai découvert un petit logiciel gratuit et facile à prendre en main pour créer des animation de sprites et les exporter facilement en gif.

    Je m’y suis remis et j’ai ajouter quelques action à mon blob d’origine :

    16px x 16px 64px x 64px
    L’original
    Blob Blob64
    La nouvelle version
    Il avance
    Un petit saut
    Il saute en se déplaçant
    Le blob attaque (gaffe aux dents)

    En espérant, cette fois, ne pas attendre 2 ans pour m’y remettre.

    N’hésitez pas à commenter, à dire que c’est à chier ou que vous adorez, que vous voyez bien un escargot ou autre chose animé la prochaine fois, ça me fera plaisir 🙂

  • 164 — #Inktober 31

    Le challenge touche à sa fin. Voilà 31 jours que je dessine quotidiennement. Ça ne m’était plus arrivé depuis trop longtemps.
    Avec le NaNoWriMo qui commence ce soir à minuit, je n’aurai pas le temps de continuer le rythme mais j’essaierai de faire quelques autres dessins de temps en temps.

    Halloween oblige, voici une petite sorcière 🙂

    IMG_4412.JPG

  • 155 — #Inktober 22

    Un gars en haut-de-forme. J’aurais pu le présenter comme Heinrich de l’Horloge de la XIIIème Heure, mais il n’est pas vraiment ressemblant…

    Inktober22

  • 130 — Synchronisation neuronale.

    Il y a quelques jours, j’ai lu un article qui m’a quelque peu remué. Non, je ne me suis pas mis à pleurer à cause d’un spoil sur Game of Throne. J’ai lu la découverte récente de chercheurs et je me suis mis à extrapoler fort, me disant que la réalité rattrapait la fiction.
    Cet article, c’est celui-ci : http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/biologie-apprendre-vite-notre-cerveau-synchronise-ondes-cerebrales-54145/

    Pour celles et ceux qui ont la flemme de cliquer (vous avez tort, c’est un article assez court et pas trop technique), en gros, ça raconte que, quand on apprend quelque chose, les différentes parties du cerveau se synchronisent pour communiquer plus rapidement, avant de créer les liens synaptiques qui « figent » en mémoire les notions nouvellement acquises.
    Jusque-là, c’est une jolie découverte mais pas de quoi s’exciter, vous allez me dire.
    Sauf que si on y pense, cette découverte ouvre la voie du plausible pour plein de rêve de science fiction et autre fantasy. Je m’explique.

    Déjà, partons du postulat de base (j’adore cette expression ^^), que nos amis scientifiques n’ont pas encore tous les outils pour mesurer le spectre complet d’ondes de notre cerveau (parce qu’on en découvre encore tous les jours, donc il n’y a pas de raison que sur ce point, nous ayons tout vu).
    Pourquoi le cerveau arriverait-il à se synchroniser avec lui-même et pas avec celui du voisin ?
    Je prendrai d’abord l’exemple des jumeaux. Il paraît que les jumeaux sont « connectés » et qu’ils arrivent à ressentir l’autre même à des milliers de kilomètres.

    1 — La théorie des Jumeaux

    Tout le monde rêve d’avoir des jumeaux, sauf les parents de jumeaux 😉

    Dans cet article assez long sur les jumeaux et surtout ceux séparés à la naissance, il est écrit :

    Sur un électroencéphalogramme, les ondes cérébrales des vrais jumeaux sont même plus semblables que nos études l’auraient laissé supposer.

    Dans cet autre :

    On a effectivement démontré en Union soviétique qu’en anesthésiant chimiquement un jumeau, l’autre éprouvait les effets du sommeil artificiel.
    Si l’on pince un jumeau jusqu’au sang, une tache rouge apparaît sur le bras de l’autre.

    S’il y avait dès la maturation in utero une synchronisation cérébrale entre les fœtus ? Une synchronisation si forte que même en étant séparés dès leur plus jeune âge, le lien entre les deux individus perdurerait ?
    Évidemment, le code génétique doit entrer en jeu pour permettre une facilité dans cette synchronisation externe mais ne vous est-il jamais arrivé de vous dire « tiens, il faut que j’appelle ma mère, ma/mon chéri(e), ma meilleur copine, etc. et que votre téléphone sonne à cet exact instant d’un appel de cette personne ?

    2 — La personne que j’essaye d’appeler m’appelle

    C’est quand même dingue le hasard !

    Quand j’étais jeune, au millénaire précédent, je traînais souvent tout le temps avec deux copains. Les inséparables, pourrait-on dire. Et souvent, il nous arrivait de penser exactement la même chose au même moment, sans avoir ouvert la bouche ou alors, l’un commençait une phrase, le second la continuait et le troisième la terminait. Et la phrase était exactement celle que chacun aurait dite individuellement.
    Étions-nous synchronisés cérébralement parlant ? (oui, bon, je ne sais pas si parler de cerveau et d’adolescents mâles, ça marche vraiment 🙂 )
    À présent, c’est avec ma chérie que ça m’arrive. Je me dis que je vais lui envoyer un message pour lui dire bonjour et paf, j’en reçois un de sa part. L’inverse arrive aussi assez régulièrement.
    L’amour serait-il aussi une question de synchro ? (pas que, évidemment).

    Mais si on arrive à penser l’un à l’autre au même moment parce qu’on est un peu connectés sans s’en rendre compte, qu’est-ce qui nous empêcherait de communiquer à distance ?

    3 — La télépathie

    Un peu de SF, parce que c’est la classe !

    Si deux personnes sont synchronisées, peut-être peuvent-elles communiquer ensemble ?

    Attention, je ne dis pas « parler » mais bien communiquer, c’est-à-dire, faire partager des ressentis, des sentiments, des « images ». Je pense que la seconde citation de ce billet permet un élément de réponse même si on n’arrive pas encore à l’expliquer.
    On pourrait même imaginer qu’avec un peu d’entraînement, chacun pourrait changer (plus ou moins) facilement de fréquence de « travail » et communiquer avec plusieurs personnes (mais pas forcément en même temps).

    4 — Les dangers de notre monde actuel

    Oui parce qu’il faut bien un peu d’alarmisme, sinon c’est pas drôle.

    Les ondes cérébrales sont bien des ondes, au moins en partie connues puisque mesurables. Certaines personnes se plaignent de toutes celles qui nous servent au quotidien pour notre confort moderne (réseau GSM, Wifi, etc.) : les gens atteints d’électrosensibilité.
    Certains, moins « sensibles », se plaignent juste de maux de tête et de problèmes de sommeil quand ils se trouvent dans des endroits à haute densité de rayonnement Wifi.

    Loin de moi l’idée de jouer les anti-ondes et surtout les anti-modernité (Je mourrais sans internet ^^) mais je me pose la question sur ces personnes électrosensibles. S’ils arrivent à ressentir la puissance des ondes qui nous entourent, c’est que celles-ci ont bel et bien un impact sur nous, même bénins pour la plupart.
    Quel est l’impact réel de ces rayonnements GSM ou Wifi sur les capacités de notre cerveau à synchroniser ses parties internes ? Ces ondes, si elles permettent une communication rapide vers des interlocuteurs lointains ou un accès à quasiment tout le savoir du monde, n’empêchent-elles pas d’utiliser d’autres fonctions de notre cerveau que nous ne connaissons qu’à peine ?

    Ne ralentissent-elles pas notre évolution vers un meilleur niveau d’utilisation de notre cerveau ?

    Évidemment, ce billet n’est absolument pas scientifique (ni philosophique). C’est juste un début de réflexion sur le possible, sur le plausible et sur ce qu’on peut faire de ce qui se trouve entre nos oreilles.

    Et c’est aussi un petit brainstorm qui peut toujours débuter sur des idées de romans, mais chut.

  • 127 — Zombies

    Ce matin, en me réveillant, je me sentais bizarre, comme si la veille je m’étais saoulé, alors que non. Mal de tête, yeux lourds et collés. J’ai eu du mal à sortir de mon lit. J’avais l’impression d’être tout engourdi, d’avoir attrapé un mauvais truc mais je ne comprenais ni comment ni quoi.
    Quand je suis sorti de chez moi j’ai eu l’impression que la lumière n’était pas la même que d’habitude, comme si une chape étrange s’était abattue sur le ciel au-dessus des nuages, mangeant la lumière avant qu’elle ne nous arrive. Impossible de comprendre ce qui n’allait pas, mon mal de crâne m’empêchait de réfléchir correctement.
    Dans les rues, tous les gens que je croisais avait l’air très atteints. Leur peau semblait plus grise. Ils n’étaient plus que des ombres traînant des pieds, ne s’exprimant que par des râles et des grognements. Leurs regards vides faisait frémir et je me suis demandé s’ils savaient vraiment où ils allaient ou si leurs corps ne bougeait que grâce à une mémoire corporelle résiduelle. Cependant, et ce qui m’a étonné, aucun d’entre eux n’avait l’air agressif.
    Je me demandais sérieusement quelle étrange maladie avait pu se propager ses dernières heures pour faire de toute une population ces espèces de morts-vivants. Peut-être était-ce de ce mal que je souffrais aussi. Impossible pour moi de le savoir réellement. Je n’étais pas sorti du week-end. Pourtant, j’avais l’impression que plus ça allait, moins mon cerveau parvenait à analyser les informations que le monde m’envoyait.

    Ce ne fut qu’une fois au bureau que tout bascula et que je compris que ce n’étais pas une simple maladie.
    Bruno, mon collègue, est finalement arrivé, très tard, en traînant les pieds sur la moquette. Sa sacoche est retombée lourdement sur le bureau. Il m’a regardé avec ce regard étrange empli de rage et de honte, quelque chose que je ne compris que quand il parvint à articuler ces quelques mots :
    « Putain, j’ai oublié de changer d’heure ! »

  • 126 — Madame Peacock

    Phrase donnée par Alice Saturne

    Derrière le rideau, une main s’agitait. Madame Peacock n’en vit pas rien et continua son trajet vers le marché, pas le moins du monde intéressée, contrairement à l’habitude. Elle avait mal dormi et n’était pas d’humeur à exercer cette passion qui l’occupait depuis toujours, et plus particulièrement depuis sa retraite : espionner ses voisins.
    En voyant cette main, agitant étrangement ce rideau, peut-être aurait-elle dû comprendre que quelque chose n’allait pas chez mademoiselle Huston.
    Madame Peacock n’aimait pas beaucoup — comprendre « pas du tout » — mademoiselle Huston. Elles étaient l’exact opposée l’une de l’autre. La maîtresse d’école était aussi jeune, pimpante et bien élevée que la retraité était vieille, aigri et sans gène. C’était peut-être aussi pour ça que tout le monde adorait la première dans le quartier alors que les amis de madame Peacock ne se comptaient même pas sur les doigts d’un manchot.
    Sa mauvaise humeur du jour ajoutée au fait que cet étrange mouvement de main venait d’une des fenêtres de la personne qu’elle détestait assurément le plus dans le quartier, voire dans le monde entier — même plus que cette petite peste de Sally Salinger qui l’avait tant ennuyée durant toute l’école primaire — fit que la vieille dame passa son chemin comme si de rien n’était.
    Elle qui voyait très bien les allers et venues de monsieur Vandermulhen chez madame Grey quand son mari passait ses soirées à jouer au poker chez leur voisin et rentrait ivre. Elle voyait très bien les agissements du facteur qui passait autant de fois qu’il le fallait pour remettre en main propre le courrier à madame Williams, qui ne succombait pas à ce numéro ridicule de charme malgré un mari très souvent absent — et pas que pour déplacement professionnels, d’après madame Peacock. Assise sur le perron de sa maison, elle passait son temps assise à observer les mouvements des gens. De temps en temps, elle le faisait de derrière la fenêtre, pour que les gens se sentent libres et se laissent aller. C’était là, en général, qu’ils commettaient l’acte qui les confondait aux yeux de la vieille dame. Elle consignait ensuite tout ça dans un cahier pour être sûre de ne rien oublier.
    Mais ce matin, elle n’avait pas envie de tourner la tête, de se détourner de son chemin pour voir ce qu’était ce mouvement. D’ailleurs, à cette heure, elle aurait déjà dû être revenue du marché et assise sur son perron pour surveiller tous ces mécréants. Seulement, la veille, madame Peacock était restée éveillé très tard, surprenant monsieur McGuinty en train de creuser un trou pour cacher un paquet de billet qui intéresserait sûrement le fisc en temps voulu.
    Rendue rouspéteuse tant par le poids de la fatigue que par le retard qu’un réveil tardif avait entraîné sur son emploi du temps, Madame Peacock continua son chemin sans s’apercevoir de rien. Elle était déjà à l’angle de la rue quand la main attrapa finalement le rideau. Mais la tringle ne tint pas et le morceau d’étoffe s’écrasa au sol. Si la vieille dame avait été sur son perron, comme à son habitude, elle n’aurait pas pu voir mademoiselle Huston. Non. À la place, elle aurait découvert une silhouette, tout de noir vêtue, encagoulée, qui se redressait rapidement, un lacet dans la main, avant de se mettre à l’abri des regards.

  • 125 — Le pylône

    Phrase donnée par Alice Saturne

    Comme toujours, un pylône électrique gâchait le paysage. Frédéric avait réussi à trouver le coin romantique à souhait pour emmener Anna, la fille de ses rêves et il ne se rendait compte que maintenant qu’un pylône était au milieu de ce tableau enchanteur.
    Y était-il déjà la fois où le jeune homme était venu en reconnaissance ici ? Il ne s’en souvenait pas du tout. Impossible de savoir si c’était sa mémoire qui était défaillante — voire même sa vue — ou si ces casse-pieds d’électriciens avaient réussi à monter cette ligne dans la semaine — mais il en doutait réellement.
    Dubitatif, Frédéric restait là, les yeux écarquillés devant ce spectacle qui le dépitait au plus haut point, avec cette impression étrange que ce pylône n’était pas seulement une horreur plantée au milieu de ce paysage mais représentait le magnifique doigt d’honneur de la technologie à sa tentative de séduction
    Anna, la belle rousse au sourire plus chaleureux qu’une après-midi d’été, se tenait à côté du jeune homme et attendait un mot de sa part pour ouvrir les yeux. Il avait voulu lui faire la surprise de l’amener là, tant pour l’impressionner que pour lui faire plaisir, avec ce petit panorama du haut de la colline sur toute cette vallée sauvage. Enfin, anciennement sauvage.
    Fallait-il qu’il lui fasse ouvrir les yeux pour lui faire découvrir cette beauté défigurée ou valait-il mieux qu’il l’emmène ailleurs, quitte à passer un peu pour un imbécile en affirmant qu’il s’était trompé d’endroit ?
    Frédéric était en plein dilemme. Il fallait faire un choix rapide.
    En y réfléchissant, il savait où il y avait un autre endroit sympa. Certes, il y était déjà allé avec une de ses ex mais ce souvenir, qui ne valait déjà plus grand-chose dans sa mémoire, s’effacerait en un rien de temps s’il parvenait à séduire la belle Anna. Serrant la main de la demoiselle, il allait lui imprimer un petit mouvement pour lui faire faire demi-tour, quand, à son grand étonnement, Anna, qui avait finalement ouvert les yeux sans attendre le signal, s’écria sans que Frédéric n’y pût rien répondre :
    « Ouah ! Trop bien ! C’est la nouvelle ligne à 500.000 volts ? On peut aller la voir de plus près ? On pourra escalader le pylône ? Comment étais-tu au courant que j’adore ce genre d’installation ? »

  • 124 – Reprise

    Enfin libre. Après des mois enfermé dans cet endroit étrange, X avait enfin pu sortir.

    Arrivant chez lui, il constata avec un léger soulagement que l’endroit n’avait pas l’air d’avoir subi de dégâts de l’extérieur. Il poussa la porte délicatement, malgré tout encore un peu fébrile de ce qu’il allait y trouver. Un capharnaüm dû à la visite de quelque animal sauvage, voire pire, de quelque détrousseur ?

    Soupirant, rassuré, X découvrit son chez lui exactement comme il l’avait laissé en partant, hormis une épaisse couche de poussière et de nombreuses toiles d’araignées dans les coins.

    Posant nonchalamment son sac, l’impact au sol souleva un nuage de particules. X entreprit d’ouvrir immédiatement tous les volets, toutes les fenêtres et d’aérer un grand coup l’édifice. Il avait l’impression d’être comme cet endroit : de n’avoir pas vu la lumière du jour depuis trop longtemps.

    Ces nombreuses semaines, il s’était obligé à rester enfermé dans cette très étrange bibliothèque aux aspects de labyrinthe, antre de la connaissance où il était aisé de s’y perdre corps et âme. Certes, au départ, il l’avait choisi. Choisi de passer les tests du grand Sphinx. Choisi de s’y préparer correctement, contrairement à la fois précédente. Choisi de ne se focaliser que sur l’augmentation de ses connaissances à travers les nombreux documents que sa prison dorée lui permettait de compulser, et de laisser tout le reste de côté. Il était cependant passé par de nombreux moments de doute. Allait-il parvenir à défaire cette bête au savoir quasi illimité ? Allait-il pouvoir lui répondre ?

    À présent, tout était fini. Le Sphinx lui avait posé ses questions et X lui avait répondu. Il avait trouvé ça beaucoup plus facile que la première fois. Peut-être était-ce un signe… Il n’en savait rien. Le Sphinx ne faisait jamais que poser des questions. X ne saurait vraiment s’il avait passé le test que plus tard. On lui avait dit qu’il le saurait, qu’il le sentirait au plus profond de lui. Pour l’instant, il ne sentait rien.

    Aucune importance. X, content de ce qu’il avait pu répondre au monstre, avait décidé de reprendre sa vie tranquillement, sans attendre cette réponse, parce qu’après tout, ça n’était pas le plus important. Le plus important, c’était…

    Un fois la maison bien aérée et nettoyée, X tira la chaise de son bureau et s’installa. Il ouvrit délicatement son carnet de notes qui craqua légèrement, sorte de protestation pour n’avoir pas été utilisé, depuis trop longtemps. X trempa sa plume dans l’encre et commença à gratter le papier, souriant à ce son si familier, heureux de retrouver cette activité qui lui avait tant manqué.

    _________________________________________________

    Vous l’aurez compris, me voilà de retour. Je ne sais pas si j’aurai le temps de publier aussi souvent qu’avant mais j’essaierai. Promis.

    Et au fait : Bonne Année 😀

  • 123 – Alan

    Phrase donnée par Alice Saturne

    Il lança les dés, attendant que son destin soit scellé.

    C’était une idée folle qu’il avait eu de jouer son droit à monter à bord de cette navette par ce biais. Les chances qu’il parvienne à faire un double six sur un seul lancé étaient mince. Évidemment, il aurait pu utiliser ses pouvoirs pour arriver à ce résultat mais il savait très bien que les télékinésiens n’étaient pas appréciés et c’était justement pour cette raison qu’il avait besoin de monter à bord et de fuir cette planète un peu trop hostile pour lui.

    Alan avait lancé les dés forts sur la grande table. Ils avaient rebondi sur les parois deux fois déjà et continuaient à tournoyer sur eux-mêmes. Leur rotation commençait à ralentir, ils allaient enfin tomber et annoncer leur verdict.

    Le jeune homme retint son souffle sans vraiment s’en rendre compte. Le temps sembla ralentir. Les dés tournoyaient mais n’avaient pas l’air de vouloir s’arrêter. Il eut l’envie fugace d’appuyer dessus à distance pour terminer ce supplice et découvrir s’il pouvait monter à bord mais il se retint. Il ne voulait pas se mettre à dos ce capitaine qui, déjà, n’avait pas l’air de vouloir l’embarquer. On lui avait dit que c’était l’homme à voir pour quitter la planète le plus rapidement possible mais qu’il avait un caractère étrange et des méthodes pour juger les gens, peu conventionnelles. Ce qu’Alan avait immédiatement pu constater. Il l’avait trouvé assis sur une chaise en train de fumer un cigare, ses grosses bottes posées sur la table de jeu sur le pont arrière.

    Les dés tournaient toujours. Comment le pouvaient-ils ? Et ça ne semblait choquer personne. Le jeune homme regarda les quelques membres d’équipage qui entouraient leur capitaine et avaient les yeux rivés sur le tapis de jeu. Un ramassis d’hommes et de femmes de tous âges qui semblaient tous repris de justice. Se pouvait-il qu’il y ait un autre télékinésien dans le lot ? Les dés continuant de tourner sur eux-mêmes, le jeune homme essaya de découvrir lequel de ces personnages agissaient. Il ne serait pas compliqué à trouver, il fallait juste trouver celui qui avait l’air le plus concentré. Derrière deux gros balèzes, qui devaient être mécano ou quelque chose dans le genre vu la couche de cambouis sur leurs mains et leur bras hypertrophiés, se cachait une jeune fille aux cheveux courts et roses. Au premier regard, Alan comprit que c’était elle qui faisait ça.

    Mais pourquoi continuer à faire tourner les dés alors qu’il aurait été facile de les faire s’arrêter sur autre chose qu’un double six ? Il n’en savait rien mais si elle voulait jouer, elle avait trouvé le bon partenaire. N’hésitant plus, il commença à ralentir la rotation des petits cubes pour voir où se positionnaient les six pour les faire s’arrêter comme il le voulait. Au début, les dès ralentirent mais rapidement, ils repartirent de plus belle. Le temps pour la demoiselle de se rendre compte que l’invité surprise avait compris le manège.

    Forçant un peu, il continua d’essayer de ralentir le mouvement des dés. La jeune femme semblait puissante car malgré les efforts du jeune homme, elle parvenait à maintenir une bonne vitesse de rotation.

    Les forces invisibles qui contraignaient les deux petits cubes de résines étaient telles qu’elles commencèrent à déformer la matière, les faisant s’allonger verticalement, suivant l’axe de rotation, usant prématurément la moquette de la table de jeu.

    Le jeune homme commençait à avoir chaud et sentait des gouttes de sueur poindre sur son front et dans son dos. Derrière les deux armoires à glace, il voyait à peine le front de la jeune femme se plisser. Elle n’avait pas l’air de forcer plus que ça. Il fallait arrêter de jouer. Alan envoya lâcha un peu la pression avant de renvoyer un bon coup. Les quelques fois où il avait dû combattre des gens avec les mêmes capacités que les siennes, il avait agi de la sorte et en était ressorti vainqueur.

    Malheureusement, cette fois-ci, la jeune femme sembla anticiper son attaque et teint le choc. Les dés vacillèrent mais continuèrent leur course. Allan agrippa la table, comme pour se stabiliser et se concentra le plus intensément possible. La jeune femme se mit sur la pointe des pieds pour lui lancer un regard empli autant de détermination que de plaisir.

    Sur le pont, toutes les parois commencèrent à vibrer sous les puissances qui se combattaient en silence. Les vibrations devinrent rapidement des secousses. Les boulons qui assemblaient les plaques de métal des murs et du sol commençaient à se dévisser.

    Encore une dizaine de seconde et le vaisseau allait tomber en pièces sur le tarmac d’envol. Le capitaine claqua finalement des doigts. Les dés se plantèrent dans la table aussi vite que s’ils étaient sortis d’une arme à feu. Les tremblements stoppèrent. Alan relâcha immédiatement son esprit et la table, haletant comme s’il venait de faire un sprint, voyant la jeune femme s’essuyer le front du revers de la main. Le capitaine reposa ses pieds par terre et se leva de sa chaise. Tirant son cigare de ses lèvres :

    « On ne m’a pas menti sur toi, tu n’es pas mauvais. Bienvenu à bord ! Suis Hank, il va te montrer où tu crécheras pendant le voyage ! »