Je vais jamais réussir à terminer cette histoire xD
L’épisode précédent : épisode 8
1000 mots (tout ronds !)
« Pardon ?
— Il a besoin d’une bonne photographe pour le suivre sur différents évènements et il vous a précisément désignée, vous ! »
Hélèna bondit de son siège.
« C’est hors de question ! »
Son patron se tourna vers elle avec un regard aussi surpris que coléreux.
« J’ai bien failli mourir, dans cette montagne », se sentit obligée de se justifier Hélèna.
L’autre s’approcha d’elle. Il faisait une tête de plus et était bien plus large d’épaules. Même en costume, il y avait un côté animal féroce dans ce bonhomme.
« Je me fous de vos états d’âme. Ce gars est prêt à payer un petit pactole pour vous avoir comme photographe, donc soit vous faites ce boulot, soit je vous vire pour faute grave, parce que nous faire perdre un tel contrat, ça en sera une… et c’est hors de question ! »
Hélèna comprit parfaitement à sa manière de le dire qu’il utilisait la même expression qu’elle, pour lui notifier qu’il ne lui laissait pas le choix. Hélèna se résigna. Ses épaules retombèrent.
« Bien ! reprit son patron. Maintenant que vous êtes un peu plus à l’écoute, rasseyez-vous. Vous ne vous rendez pas compte du tremplin que cela peut être pour votre carrière. Vous avez du talent, vous n’allez pas le gâcher enfermée dans des studios pour photographier des produits sans le moindre intérêt ? »
Hélèna lui aurait bien répondu que toutes les robes, tous les sacs à main, tous les bijoux qu’elle pouvait photographier avaient bien plus d’intérêt que d’aller faire l’idiote au pied de cailloux stupides, pour tirer le portrait d’un grand bourru qui n’avait de plaisir dans sa vie que de s’arracher les doigts sur le granit et risquer de mourir à tout moment. Elle s’abstint évidemment.
« Vous avez rendez-vous à 12 h 30 avec Chantelain et son agent pour vous organiser. Je ne veux pas vous revoir au bureau avant que vous ayez rempli votre part du contrat. Si tout va bien, vous recevrez une belle prime, en plus de gagner en notoriété. Vous gagnez sur tous les tableaux. N’est-ce pas merveilleux ? »
Il ne lui laissa pas le temps de répondre.
« Allez ! Filez, vous allez être en retard ! Pas deux fois dans une même journée ! »
Il appuya son discours d’un mouvement de la main, comme s’il époussetait l’air. Hélèna ne demanda pas son reste. Elle avait envie de hurler sa colère et en même temps voulait se cacher dans son bureau, en comprenant qu’il n’avait pas du tout cru l’excuse que Thomas lui avait donnée.
Elle passa chercher un café dans la cuisine de l’étage. Thomas y était et discutait avec un jeune alternant. Il avait dans son regard lubrique de célibataire en chasse. Mais il oublia immédiatement sa proie en voyant Hélèna.
« Alors ? Raconte ! »
La photographe prit le temps de se servir un café et d’en avaler une gorgée trop chaude avant de dire quoi que ce soit. Elle lui résuma la discussion avec le boss et le fait qu’il n’avait pas cru au mensonge pour couvrir le retard.
« Il n’est pas si à côté de la plaque que ça, en fait, s’étonna Thomas. En tout cas, c’est génial que tu puisses suivre le beau gosse pendant quelques jours.
— Génial, si j’aimais la montagne ou si je le trouvais attirant.
— Apprends-moi à faire des photos, j’y vais à ta place !
— Je te l’aurais laissée avec plaisir, mais il a insisté pour m’avoir, moi. Je ne comprends pas… J’ai l’air de l’insupporter.
— Dis pas n’imp’. Il est venu te ramener ton soutif directement du haut sa montagne. C’était une excuse pour te revoir, moi je dis.
— Tu te plantes carrément, il a déjà quelqu’un.
— Quoi ? Comment tu sais ça ?
— Je l’ai entendu au téléphone, quand j’ai bu un café avec lui. Il m’a rendu mon soutien-gorge parce qu’il passait dans le coin, c’est tout.
— Peut-être. L’avenir nous le dira.
— Je n’aime pas ses manières. C’est quoi ça de passer par le boss au lieu de me demander directement ? Il croit que c’est mon souteneur et que lui n’a qu’à payer pour avoir ce qu’il veut de moi ?
— Ça va ? Tu n’as pas l’impression d’exagérer un peu ?
— Si mon boulot était pas en jeu, je les aurais déjà tous envoyé chier.
— Certes, mais le boss a raison sur un point : si ça marche bien, tu vas pouvoir enfin te faire un nom, à toi les gros chèques, les sorties mondaines et peut-être même un mari plein aux as.
— Je rêve pas de ça, moi
— Ah ! non ! s’amusa Thomas. C’est moi qui en rêve ! Allez, il faut que je retourne bosser, moi. J’ai pas une star de la grimpe qui m’attend ! Oublie pas de me raconter ! »
Hélèna le regarda repartir dans les couloirs, puis regarda le fond de sa tasse vide. Elle soupira. Pourquoi fallait-il que ça lui tombe dessus à elle ? Depuis le début, cette histoire n’était qu’un amoncellement d’emmerdements, alors qu’elle ne voulait qu’une chose : retrouver son studio, ses assistants, ses mannequins et ses produits de mode de luxe.
Son téléphone vibra. Un message de Damien qui s’inquiétait de savoir si elle avait réussi à aller au boulot. Elle grogna de colère. Pourquoi se mettait-il tous à lui pomper l’air en même temps ?
12 h 30. Elle arrivait devant le restaurant. Éric et un autre homme l’attendaient. Ce fut celui-ci qui tendit le premier la main vers elle.
« Danny Martinet, enchanté. »
Il l’énervait déjà rien qu’à sa mise, un costume bon marché, des chaussures mal accordées avec, une tête de vendeur d’aspirateurs en manque de commission. Hélèna jeta un regard vers Éric qui se tenait légèrement en retrait. Il avait le regard fuyant. Elle finit par serrer la main tendue en se présentant à son tour.
« Je ne vous présente pas Éric, lui répondit l’agent, sur un ton faussement humoristique, vous avez déjà fait connaissance, je crois. »
Ce repas allait être long… comme les prochains jours.

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