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Disclaimer : ce texte N’EST PAS autobiographique, même si ma semaine a été rude…
Dans le cours normal des événements, il serait parti et n’y aurait plus pensé.
Mais sa journée avait déjà été une accumulation de contrariétés, de frustrations, de problèmes non résolus, de collègues insupportables, de clients impolis voire carrément insultants, de chefs aussi incompétents qu’imbus du libellé de leur poste.
Il avait utilisé toute sa patience et son énergie pour ne pas :
- hurler sur
- insulter
- éclater à coups de tabouret
- mordre
- ses collègues
- ses chefs
- son ordinateur
- ses clients
* reliez les points suivant votre envie
À cette heure de la soirée, alors que le poids de la fatigue physique et morale lui pesait sur les épaules comme jamais auparavant, il avait simplement envie de rentrer chez lui et dormir. Il n’avait même pas faim.
Bien sûr, il savait qu’il y avait des choses plus graves dans le monde : la guerre, la famine, le réchauffement climatique, le délitement des démocraties qui glissaient toutes dans le fascisme avec l’appui des multimilliardaires et des grandes entreprises du numérique, mais à cet instant, tout ça lui paraissait si lointain, si hors de lui et de son ressenti qu’il n’y pensait plus vraiment.
Alors, quand, rentrant chez lui comme tous les soirs sur son vélo, il manqua de se faire écraser par une voiture qui grilla le feu et qu’en plus l’automobiliste ne trouva rien de mieux que de klaxonner pour montrer son mécontentement, ce fut la goutte d’eau de trop.
Il descendit de son vélo, lentement, toujours au milieu du passage piéton.
L’automobiliste continua de klaxonner. Il hurlait tout seul dans son habitacle.
Il détacha son casque et le laissa tomber par terre sans y faire plus attention. Il lâcha aussi son vélo qui s’écrasa à côté, au milieu de la rue.
Le conducteur se décida à sortir.
« Putain ! Connard ! Tu vois pas que tu fais chier tout le monde, là ? Dégage avec ton putain de vélo ! »
Dans le cours normal des événements, il serait parti et n’y aurait plus pensé.
Mais ce soir, il n’avait plus envie de se battre, plus envie de faire semblait, plus envie de rien. Il s’éloigna sous le torrent d’insultes de l’automobiliste, laissant ses affaires et ne se retournant même pas.
Sa vie n’avait aucun sens, il partit en chercher un sens en partant dans une direction inconnue.

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