459 mots (pour le billet 459, si j’avais voulu le faire exprès, je n’y serais pas arrivé)
« Qu’est-ce vous faites, ici ? Où est Éric ? »
Hélèna resta interdite un instant. Qui était cette femme ? Elle avait l’air de connaître Éric… Pourquoi était-elle sur la défensive ? Était-ce la petite amie du sportif ? Il n’avait jamais fait état d’une quelconque relation amoureuse. Il y avait bien eu ce coup de fil qu’il avait reçu quand ils avaient bu un verre ensemble l’autre jour… Est-ce que c’était la même femme ? En tout cas, s’il s’agissait de la petite amie d’Éric, Hélèna pouvait comprendre pourquoi elle semblait si… tendue. Mais ce n’était pas une raison. Elle ne se laissa pas démonter. Elle avait toutes les bonnes raisons d’être là et n’avait aucune raison de répondre aux questions d’une inconnue.
« Comment êtes-vous entrée ? demanda Hélèna à la place.
— La porte n’était pas fermée à clef, répondit l’autre, après un instant de surprise.
— Et donc, vous rentrez chez les gens sans attendre qu’on vous y invite ?
— Eh ! Vous allez vous calmer ! Je connais bien Éric, j’ai jamais eu besoin d’attendre pour entrer. Je sais qu’il est là cette semaine. Si la porte est ouverte, c’est qu’il n’est pas en montagne. »
En entendant cette réponse, Hélèna repoussa l’idée que cette femme pût être la petite amie d’Éric. Elle l’aurait directement dit.
L’autre examina Hélèna plus en détail.
« Ah, mais vous êtes la photographe, c’est ça ? Il m’a parlé de vous. Je suis Lisa, dit-elle en tendant la main.
— Il vous a parlé de moi ? » s’étonna Hélèna en lui serrant la main.
Était-il possible qu’Éric ait fait part de son avis sur ses qualités de photographes ou sur une certaine attirance qu’il pouvait avoir ? Non, ce n’était pas possible, il ne fallait pas qu’elle laisse libre cours à son imagination de la sorte. Il avait simplement dû parler des clichés de l’éclipse.
« Oui, il m’a dit que vous aviez eu beaucoup de mal à avancer, au point de devoir dormir à la belle étoile. »
Hélèna grinça des dents. Finalement, ce n’était pas des compliments qu’il avait faits, elle aurait dû s’en douter.
« Il m’a aussi dit que vous aviez fait de belles photos durant votre périple… D’ailleurs, il se cache où ?
— Il est parti en ville. Pour faire une course, je crois, dit Hélèna en frissonnant.
— Vous voulez peut-être passer quelque chose de plus chaud… enfin, de moins humide, pour continuer à discuter ? »
Hélèna se souvint qu’elle n’était qu’en maillot de bain entourée d’une serviette. Elle commençait à avoir froid. Elle remercia Lisa et remonta dans sa chambre pour se rhabiller.
Quand elle redescendit quelques minutes plus tard, Éric était rentré. Lisa et lui étaient assis sur le canapé, très proches, en train de rire comme de très bons amis.