474 — La randonnée (partie 17)

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Le week-end arrivait. Hélèna l’avait attendu avec impatience, mais était à présent un peu moins pressée de rentrer chez elle.

Elle avait finalement survécu à cette semaine. La météo était plus agréable que les premiers jours, et les sorties furent plus simples, moins douloureuses.

La photographe ne prenait toujours pas de plaisir à se balader avec un sac sur le dos, pendant de longues heures, à glisser sur des petits cailloux ou longer des ravins, mais elle avait l’impression de mieux suivre Éric et de moins fatiguer.

Elle avait fait un bon nombre de photos, beaucoup dont elle était plus que fière. Le fait de sortir de son studio et de sa zone de confort, comme on dit, avait d’abord était une contrainte. Elle aimait la sécurité de son studio, pouvoir contrôler son environnement, sa lumière, son sujet pour le résultat qu’elle imaginait. Pourtant, dans cet environnement extérieur chaotique en tout, elle était parvenue à faire de belles photos d’Éric, évidemment, puisque c’était la raison pour laquelle elle était là, mais aussi de la nature environnante. Au bout du quatrième jour, elle avait fini par retrouver cette sensation qui l’avait poussée vers cet art. Elle sentait son inspiration regonflée par toutes ces contraintes.

Le week-end était finalement là.

Éric l’avait ramenée à la gare. Hélèna n’arriverait que tard dans la nuit chez elle.

Le grimpeur lui porta son sac de la voiture jusqu’au hall de la petite gare. Le train allait arriver d’ici peu.

Hélèna le remercia en reprenant ses affaires.

« Qu’est-ce que vous allez faire de votre week-end ? » demanda-t-elle pour patienter.

Elle n’avait pas abordé le sujet du baiser qu’elle avait essayé de lui voler. Il n’en avait pas parlé non plus. Elle n’osait pas.

« Je vais rester au chalet et continuer à m’entraîner tranquillement. Je vais me promener un peu aussi.

— Vous allez rester seul ? »

Éric haussa les épaules.

« Il ne faut pas avoir peur de la solitude quand on fait ce sport. Mais je sais que je croiserai des gens sur les sentiers ou en en faisant des courses en ville. »

Le train entra en gare. Son freinage strident empêcha un instant de continuer la discussion. Hélèna eut juste le temps de donner l’heure de son train de retour, dimanche soir vers 18 heures, et de souhaiter un bon week-end à Éric avant d’aller trouver sa place.

Quand elle s’assit dans le train, elle fut presque déçue de voir que le jeune homme n’était pas sur le quai à regarder le train s’éloigner et elle avec, un air triste sur le visage, en agitant la main comme dans les films. Qu’avait-elle espéré ?

Hélèna arriva chez elle aux alentours de minuit, complètement fatiguée d’un voyage pourtant calme. Pas d’enfants qui criaient, pas de vieille dame qui hurlait dans son téléphone au lieu de passer son appel depuis les plateformes, comme disaient les contrôleurs.

La photographe fut heureuse de retrouver son appartement, son odeur, son calme, le sentiment de protection qu’il lui offrait, trop fatiguée, elle préféra laisser au lendemain l’arrosage des plantes qui faisaient triste mine, la découverte du courrier, et tout le reste. Elle se glissa dans ses draps avec plaisir, retrouvant son oreiller et sa peluche Dorothée (un petit chat gagné à la foire quand elle avait 13 ou 14 ans).

Elle dormit d’une traite jusqu’au lendemain quand son téléphone sonna beaucoup trop tôt. 10 h 20.

Hélèna fut complètement réveillée en voyant qu’il s’agissait de son patron. Elle se demanda ce qu’il voulait, si elle pouvait ne pas répondre, s’il pouvait la virer pour ça, mais décida de décrocher.

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