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Elle a dit qu’elle aimait danser.
Elle a pris mon silence pour une invitation.
Alors que je ne sais pas aligner deux pas sans manquer de trébucher.
Mais j’ai tellement envie de passer plus de temps avec elle, avec ses yeux pétillants, avec son sourire mutin, avec sa culture sans limite, avec son humour que je crois comprendre. J’ai envie d’être près d’elle, tout près, de la prendre par la main, de la serrer dans mes bras, de sentir l’odeur de ses cheveux, de sa peau, la chaleur de son corps blotti contre le mien.
Elle s’est levée et me demande si je viens. Elle ne me demande pas si je veux venir. La nuance est immense. C’est plus qu’une invitation. Elle a déjà son idée, elle est choisi, et elle est décidée à m’amener avec elle. Je me laisse guider. Ça a du bon, de temps en temps, de se laisser porter, par les événements, par ses espoirs, par ses sentiments.
Dans le bar suivant, la musique est assourdissante, nous ne pouvons pas parler. J’ai l’impression que ses yeux me disent déjà tout, mais je n’ose croire ce que j’espère qu’ils formulent. Elle me tient par la main et s’enfonce dans la foule qui se s’agite de manière erratiquement rythmée. Elle nous dégotte une place, nichée au cœur de cette grouillance. Nous sommes dans un cocon. Le temps semble plus rapide autour de nous, et ralentir entre elle et moi.
Elle me fixe de ses grands yeux aux pupilles dilatées, ils contiennent l’univers.
Elle tente de m’imprimer le rythme de la musique, mais je n’y entends rien. Je me penche vers elle et lui crie dans l’oreille que je ne sais pas danser. Elle sourit malicieusement et me réponds qu’elle sait, mais qu’elle va m’apprendre.
Apprends-moi tout ce que tu veux, apprends-moi la danse, apprends-moi la vie, apprends-moi le reste, tu m’as déjà appris l’Amour.
Je ne le dis pas à voix haute, ce ne sont pas des mots que je ne saurais dire en dehors de ma tête. Elle doit le lire dans mes yeux, car elle s’approche un peu et me tire vers elle.
Je manque de tomber.
Elle me rattrape avec ses lèvres, et son cœur.
